Alfred Ilg. L’ingénieur et le roi

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Tombe d’Alfred Ilg au cimetière Friedhof Enzenbühl de Zurich. © Hugues FONTAINE, 2015.

Il y a cent ans, le 7 janvier 1916, jour où les chrétiens orthodoxes fêtent Noël, l’ingénieur Alfred Ilg s’éteignait à Zurich. Il avait passé 28 années de sa vie en Éthiopie (1878 – 1906), où il avait été ministre d’État du roi Ménélik II (à partir de 1897).

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Ce soir à Frauenfeld, sa ville natale, Felix Ilg, son petit-fils né du quatrième enfant d’Alfred et Fanny Ilg-Gattiker, parlera de son grand-père. Il sera entouré de Hans Brunschweiler, du Dr Heribert Küng, d’Elisabeth Biasio (programme Frauenfeld). Une exposition sera organisée à Frauenfeld en avril 2016.

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Le musée d’ethnographie de l’Université de Zurich commémore le centenaire de la mort d’Alfred Ilg par une série d’événements qui débutent avec :

  • une conférence d’Elisabeth Biasio (en allemand) : «Zum 100. Todestag von Alfred Ilg – Die Sammlung von Alfred Ilg und ihre Bedeutung für das Völkerkundemuseum» (21 janvier, 19:00, Völkerkundemuseum, Pelikanstrasse 40, 8001 Zürich)
  • une conférence d’Hugues Fontaine (en anglais) : «Zum 100. Todestag von Alfred Ilg – Alfred Ilg, an engineer – and a photographer» (28 janvier, 19:00, Völkerkundemuseum, Pelikanstrasse 40, 8001 Zürich)
  • la projection du film de Christoph Kühn : «Zum 100. Todestag von Alfred Ilg: Alfred Ilg – Der weisse Abessinier» (4 février, 19:00, Völkerkundemuseum, Pelikanstrasse 40, 8001 Zürich)

Tous les mois, une photographie commentée sera mise en ligne sur le site du musée.

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Water vessels from the Alfred Ilg collection. VMZ Inv.-Nr. 12106a, leather, wood; VMZ Inv.-Nr. 12107, brass, wood, leather, Water vessel from Ethiopia, in the Ethnographic Museum since 1969 VMZ Inv.-Nr. 13224, leather. © Kathrin Leuenberger/musée d’ethnographie de l’Université de Zurich.

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L’ambassade de Suisse en Éthiopie présentera en février prochain au Musée d’art moderne d’Addis Abeba une exposition intitulée « Alfred Ilg. L’ingénieur et le roi » (13 février – 25 mars 2016), produite avec le concours du Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich (commissariat : Hugues Fontaine).

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Nous publierons sur ce blog au cours de l’année 2016 différents articles sur la relation de l’ingénieur et du roi.

Un ingénieur aux chemins de fer chinois

Christian Désagulier, qui nous avait déjà fait profiter de ses observations sur le Pekin-Addis, avec deux photographies de la voie nouvelle et de l’ancienne, récidive — et je l’en remercie ! — en m’envoyant cette note de lecture. Fable d’une farce inaboutie — observée par Leiris seul —, imaginée par un curieux ingénieur, qui semble aimer à s’amuser tout seul. Trouvaille d’autant plus troublante que l’événement raconté ici clôt le journal L’Afrique fantôme

« …le 16 février 1933, un ingénieur aux chemins de fer chinois déjà, dont on ne sait pas décisivement telle que la phrase peut se lire, si chinois est l’ingénieur ou le chemin de fer, s’il est question de chemins de fer en Chine ou bien de voies ferrées en passe d’être construites par la Chine en Éthiopie d’où Leiris revient, auquel dernier cas cette note de fin serait un message prémonitoire, prosodiquement encrypté dans ses multiples acceptions, que Michel Leiris nous adresserait par le moyen d’une allégorie, une figure de rhétorique dont le poète est coutumier, celle d’un ingénieur aux facéties macabres qui montrerait qu’en cherchant à tromper les autres, on se trompe avec soi-même… » CD

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© Editions Gallimard — Coll. QUARTO — Michel Leiris, « Miroir de l’Afrique »

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© Editions Gallimard — Coll. QUARTO — Michel Leiris, « Miroir de l’Afrique »

P. S. On lira, sur le site Sitaudis.fr, la dernière recension publiée par Christian Désagulier, qui ne s’intéresse pas qu’aux chemins de fer : Le voyage de Bougainville de Gérard Cartier. Voir ici la liste de ses propres œuvres.

Serge Dewel me signale la parution du Cahier Dakar-Djibouti aux Éditions des Cahiers :

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Skinner in Ethiopia (1903)

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« Abyssinian expedition sailed on this boat from Naples to Djibouti. » Image from the Robert Peet Skinner scrapbook collection (1903), courtesy archives of the Massillon Museum.

Le 17 novembre 1903, le consul américain Robert Peet Skinner (1866-1960) débarque à Djibouti avec 30 hommes de troupe, accompagné de Horatio Watson Wales, secrétaire de l’expédition, et du Dr Abraham Per Lee Pease, chirurgien.

On November 17th 1903, American commissioner Robert Peet Skinner (1866-1960) arrives in Djibouti with 30 US Marines, together with secretary Horatio Watson Wales and surgeon Dr Abraham Per Lee Pease

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Skinner a été chargé par le président Théodore Roosevelt de rencontrer l’empereur Ménélik et de conclure avec lui un traité de commerce et d’amitié.

Robert Peet Skinner was commissioned by President Theodore Roosevelt to open trade routes with Ethiopia. 

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Image from the Robert Peet Skinner scrapbook collection (1903), courtesy archives of the Massillon Museum.

L’équipée prend le train de Djibouti à Diré-Daoua, alors terminus de la ligne.

The mission took the train in Djibouti to reach Dire Daouah, then final stop of the newly built railroad. 

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Image from the Robert Peet Skinner scrapbook collection (1903), courtesy archives of the Massillon Museum.

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Standing left to right, in front of the station of Diré-Daoua: Horatio Watson Wales (right of horse), Robert Peet Skinner, and Dr. A.P.L. Pease, the American commission to Ethiopia ready to visit the Emperor. Image from the Robert Peet Skinner scrapbook collection (1903), courtesy archives of the Massillon Museum.

De là, elle se rend à Harar où Skinner rencontre le ras Makonnen.

From there, they take the French road to Harar, where Skinner meets ras Makonnen. 

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Image from the Robert Peet Skinner scrapbook collection (1903), courtesy archives of the Massillon Museum.

Puis arrive enfin à Addis Abeba, terme de l’expédition, le 18 décembre après une marche de 22 jours. Skinner est reçu par le roi.

And the American Mission finaly reaches Addis Ababa on December 18th after a 22 days walk. A banquet is held in the Aderash, the reception hall, for Skinner and his troop.

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Inside the Aderash, Menelik sitting on his throne gives a somptuous banquet in honour of Skinner. Image from the Robert Peet Skinner scrapbook collection (1903), courtesy archives of the Massillon Museum.

Le Massillon Museum vient de mettre en ligne un ensemble de carnets de l’expédition conduite par Skinner (Skinner, Wales et Peales sont originaires de Massillon, Ohio),

This mission in 1903 was led by three Massillon men: Robert Peet Skinner, Dr. A.P.L. Pease, and Horatio Watson Wales. The Massillon Museum, Ohio, has just put on line scrapbooks and photographs taken by or from the collection of Robert Peet Skinner. See here.

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Image from the Robert Peet Skinner scrapbook collection (1903), courtesy archives of the Massillon Museum.

ainsi qu’un lot remarquable de photographies faites par Skinner (ou ses hommes). Voir ici.

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« In front of the Gebi, taken on a fine Sunday morning, when His Majesty gave a Pantagruelic banquet for the American party. They were 3000 present. » Image from the Robert Peet Skinner scrapbook collection (1903), courtesy archives of the Massillon Museum.

On y trouve également des photographies rassemblées par Skinner lors de cette mission et prises par deux photographes établis alors en Éthiopie : Jean Adolphe Michel — dont nous avons déjà parlé dans ce blog (voir catégories ou l’outil de recherche) — et Secondo Bertolani. L’un vit à Harar, il est en charge de la Poste ; l’autre à Addis Abeba, où il est agent consulaire de l’Italie. Tous deux pratiquent abondamment, en plus de leur métier principal, l’activité de photographe.

Among the photographs collected by Skinner during his mission, one may find pictures taken in Ethiopia by Jean Adolphe Michel (it has already been much discussed about Michel in this blog) and by Secondo Bertolani. The first one lives in Harar where he manages the Post Office; the second in Addis Abeba, as a consular agent for the Italian legation. They both are very activ photographers, in addition to their main job.

L’ensemble de ces documents sont d’un intérêt considérable et il faut saluer cette initiative remarquable du musée de Massillon d’offrir ainsi en ligne l’accès à cette collection. Those documents are of great interest and we do welcome this very commendable initiative of Massillon Museum that allows an easy and free access to them.

Cela nous vaut de découvrir plusieurs images du chemin de fer, de la gare nouvellement construite de Diré-Daoua, de Harar puis à Addis Abeba, des images (intérieur et extérieur) du grand hall de réception du palais royal, l’adérache, et aussi plusieurs portraits du roi, de la reine et de ses proches.

We may thus discover new pictures of the railroad, the newly buit station in Dire Daouah, pictures of Harar and, in Addis Ababa, views of the Aderash (inside and outside). There are also several portraits of the king, the queen and their relatives.

This online publication confirms the date: Sunday 27th December 1903 of this extremy interesting photograph of the king, an image already analized here.  

Ce n’est pas le moindre intérêt de cette mise en ligne, car elle confirme la date du dimanche 27 décembre 1903 pour l’une des très intéressantes représentations du roi dont nous avions déjà parlé ici. On y voit à gauche du roi (portant un fusil sur l’épaule) Wässan Sägäd, alors l’héritier putatif au trône, qui décède brutalement en mars 1908. Wässan Sägäd a souvent été confondu dans la presse occidentale avec Lidj Iyassu, lequel succèdera à Ménélik (voir ici).

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In front of the Aderash, December 27th 1903. Menelik with, standing below on his left (and holding a rifle), Wässan Sägäd, his presumed heir who is to die in March 1908. Image from the Robert Peet Skinner scrapbook collection (1903), courtesy archives of the Massillon Museum.

Elle permet aussi d’attribuer indiscutablement à Secondo Bertolani plusieurs très belles images du roi, de la reine et de ses proches, qui étaient jusqu’ici attribuées à tort à d’autres photographes.

We may also correctly attribute to Secondo Bertolani those beautiful portraits of the king, of the queen Taytu and of a few relatives,her sister Woizero Desta, and her nephew Gessese. They were so far wrongly attributed to some other photographers living in Ethiopia.  

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Image from the Robert Peet Skinner scrapbook collection (1903), courtesy archives of the Massillon Museum.

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Itegue Taitu, her sister Woizero Desta, and her nephew Gessese. Image from the Robert Peet Skinner scrapbook collection (1903), courtesy archives of the Massillon Museum.

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Image from the Robert Peet Skinner scrapbook collection (1903), courtesy archives of the Massillon Museum.

Ce portrait en majesté du roi était par exemple souvent faussement attribué à Arnold Holtz du fait que celui-ci en avait publié une version en carte postale vers 1908,

For example, this portait of the king was generaly credited Arnold Holtz because Holtz published it ca 1908 as a postcard or in an article entitled Unter dem Banner des siegreichen Löwen Kaiser Menelik II.  

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Postcard published by Arnold Holz, ca 1908.

ou bien dans cet article, Unter dem Banner des siegreichen Löwen Kaiser Menelik II.

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In « Unter dem Banner des siegreichen Löwen Kaiser Menelik II », by Arnold Holz.

J’aurai l’occasion de reparler de Bertolani dont une partie de l’œuvre photographique, conservée à l’Istituto italiano per l’Africa e l’Oriente (IsIAO) à Rome, est aujourd’hui malheureusement inaccessible (l’IsIAO, en liquidation judiciaire, est fermé depuis trois ans), et d’examiner plus avant ces photographies.

Pour le présent, je tenais à saluer et à faire connaître le remarquable travail réalisé en juin 2015, suite à nos conversations, par l’archiviste du Massillon Museum, Mandy Altimus Pond, à partir du travail de numérisation réalisé sous sa supervision en 2012 par Justin Haynes, afin de rendre accessible en ligne cette collection (don de Mrs. Horatio Wales). Je tiens également à remercier cordialement Alexandra Nicholis Coon, Executive Director.

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Une exposition virtuelle est également visible sur le site du musée, témoin de celle qui avait été présentée en 2012.

I shall soon talk again about Bertolani and his photographs. An important collection of his work is alas not accessible for the time being due to the situation of the IsIAO in Roma, that went bankrupt (“in liquidazione coatta amministrativa”).

For now, I want to salute and make known this enormous amount of work done by the Massillon Museum in order to give access to thoses documents (gift of Mrs Horation Wales): by archivist Mandy Altimus Pond, who put those collections on line after our talks last spring, intern Justin Haynes who had numerized the scrapbooks and photographs in 2012, under MA Pond’s supervision, for an exhibit that was held then (you may reach the virtual exhibitions of Massillon Museum here). Additionally, I want to thank warmfully Alexandra Nicholis Coon, Executive Director, for her kind welcome.

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Microfilm: The entire Abyssinia scrapbook has been microfilmed and is available through the Massillon Public Library.

Digitization: The pictures are located on the MassMu server as high resolution JPG images, color-corrected, and backed up each night. A backup digital copy exists onsite and offsite.

Physical Storage: The scrapbooks are stored in individual boxes, labeled with the country and time period they were created in. These boxes are stored together with additional Robert Peet Skinner archives, located on Archives Shelf 3E.

Access Restrictions: There are no access restrictions to this collection. For rights and reproduction fees for personal use or publication, please contact the Massillon Museum: massillonmuseum.org/100

Enfin, on trouve également en ligne, complément indispensable à ces images et ces carnets, l’intégralité de l’ouvrage publié par Skinner en 1906, suite à cette expédition, Abyssinia of to-day: an account of the first mission sent by the American Government to the court of the King of Kings, 1903-1904. London: E. Arnold ; New York: Longmans, Green, 227 pages, 32 planches. On y retrouve ces images avec les crédits à Michel et Bertolani pour les photos d’Harar ou du roi. Les photos montrées sans crédit sont en revanche celles faites par l’équipe de Skinner.

Together with those documents, one should read Skinner’s book, Abyssinia of to-day: an account of the first mission sent by the American Government to the court of the King of Kings, 1903-1904. London: E. Arnold ; New York: Longmans, Green, also available on ligne.

Skinner book

Le livre se termine avec le retour de l’expédition américaine sur Djibouti, qui se fait par train depuis la gare de Diré-Daoua.

 The narration ends with the return by train from Dire Daouah. The scrapbook recalls too this final journey.

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Retour Diré Daoua

Trip back to Djibouti by train from Diré-Daouah. Image from the Robert Peet Skinner scrapbook collection (1903), courtesy archives of the Massillon Museum.

Réagissant à la publication de cet article, Francis Falceto me signale que le récit du voyage de A Peer Lee Pease, le chirurgien qui accompagne l’expédition Skinner, est également disponible en ligne. Le voyage en Abyssinie fait partie de ses Winter Wanderings.

 Francis Falceto informs me that Winter Wanderings by APL Pease, with the narration of his trip in Abyssinia, is also available on line.

 

Winter wanderings

Premier convoi d’essai sur le chemin de fer Djibouti-Éthiopie

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Selon un communiqué de l’agence chinoise Xin Hua

On a procédé dimanche à un premier convoi d’essai sur la nouvelle ligne de chemin de fer djibouto-éthiopienne à partir du tronçon djiboutien. L’événement, qui a vu la participation du ministre djiboutien des Transports Moussa Ahmed Hassan, avait pour objectif d’apprécier les travaux réalisés jusqu’à là sur le chantier. Ce premier convoi en partance pour Addis-Abeba était composé d’une locomotive flambante neuve drainant une trentaine de wagons-citernes vides destinés à transporter du pétrole vers l’Éthiopie. La construction de ce nouveau chemin de fer intervient 23 ans après l’arrêt définitif du chemin de fer djibouto-éthiopien en raison de sa vétusté après plus de 90 ans de service. Cette nouvelle ligne ferroviaire se veut être l’une des étapes clés de l’intégration économique et commerciale entre les deux pays. Quelque 1.500 emplois directs ont vu le jour depuis le lancement des travaux de construction. Et le double est prévu une fois que le train va entrer en service, selon les autorités djiboutiennes. Le ministre djiboutien des Transports, qui s’est dit satisfait de ce premier convoi d’essai sur la ligne de ce chemin de fer encore en chantier, a fait savoir que la capacité de ces 30 wagons-citernes est de 3.000 tonnes, dépassant de loin les 5 tonnes qu’on pouvait transporter dans l’ancien chemin de fer qui reliait les deux pays. « C’est un réel plaisir de voir la réussite de ce grand projet et l’acheminement du premier train vers Addis-Abeba », a-t-il dit. Selon lui, cette future voie ferrée va faciliter l’accès aux différents marchés de la région, tout en reliant les capitales administratives des pays de la région de Djibouti au Soudan du Sud via l’Éthiopie. « Cette ligne ferroviaire devra relever le niveau de l’activité économique tout en connectant l’Afrique de l’Est à l’autre extrémité du continent, c’est-à-dire la côte Ouest », a-t-il précisé. De son côté, le directeur général de la Société Djiboutienne de Chemin de Fer (SDCF), Mahamoud Dabar Robleh, qui s’est également exprimé à cette occasion, a fait savoir que la vie économique, qui s’était arrêtée pour cause de cessation des activités de l’ancien corridor, va reprendre avec l’entrée en service des gares, le long du tronçon djiboutien. En effet, le futur corridor ferroviaire comptera une vingtaine de gares abritant des centres commerciaux et des magasins divers. Sa mise en service devrait générer plus de mille emplois directs et indirects et relancer la vie socioéconomique en hibernation depuis la cessation du trafic ferroviaire au sud de Djibouti et de l’Éthiopie. La construction de cette ligne de chemin de fer électrique 100 % « made in China » a débuté il y a deux années. Elle a été confiée à la China civil engineering construction corporation (CCECC). Le projet est également financé par une institution bancaire chinoise en l’occurrence la China Exim Bank. L’institution financière a accordé au gouvernement djiboutien un prêt de 505 millions USD au titre du financement de la construction du tronçon de la partie djiboutienne. Elle a consenti également un crédit de 2,4 milliards USD au profit de l’Éthiopie. Le nouveau chemin de fer sera long de 756 km, dont 670,7 km seront construits sur le territoire éthiopien. Les 82 km restants de la future ligne ferroviaire passeront par Djibouti.

2015-08-31 7 h 38 min 36 s xinhua

A King without a train

Titre

Communication à la 19e Conférence internationale des études éthiopiennes à Varsovie (24 – 28 août 2015) le mardi 25 Août 2015 (Panel : Historical antropology: an assesment of ongoing research and debates).

The purpose of this paper is to reconsider the last years of Menelik’s reign through the study of a set of pictures – some inedited – representing the king and his railroad. In so doing, it questions the use of photographs as historical sources. Although Menelik II wanted to get a railroad built between the sea and his capital city (concession granted to Alfred Ilg on March 9, 1894), the king shall never see his train completed: he dies in 1913, the train reaches Akaki in 1917. Menelik didn’t even attend the arriving of the train in Dire Dawa and the opening of the station in December 1902. Yet, some photographs exist, unpublished so far, showing Menelik II visiting the railroad in progress in the neighbourhood of Addis Ababa during the last years of his reign.

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Visite de Ménélik au chantier du chemin de fer, près d’Addis Abeba (fin 1905 – début 1906). Coll H FONTAINE.

 

Pékin-Addis

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© Christian Désagulier, 2015

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© Christian Désagulier, 2015

Christian Désagulier, de retour d’Éthiopie, m’envoie ces deux photographies. Je lui emprunte aussi son titre, aussi éloquent que les images.

Je lis aujourd’hui cette dépêche de l’agence chinoise Xinhuan (on annonce la mise en service de la ligne en octobre prochain) :

Djibouti : 95 ingénieurs recevront une formation sur le chemin de fer en Chine

DJIBOUTI, 6 juillet (Xinhua) — 95 agents ingénieurs et techniciens supérieurs de la société djiboutienne des chemins de fer (SDCF) se sont envolés dimanche pour la Chine où ils recevront une formation accélérée de six mois.

Ces futurs cadres et agents de la SDCF seront formés au Collège technique ferroviaire de Tianjin pour s’enquérir des compétences nécessaires en vue de l’exploitation imminente de la future ligne de chemin de fer qui reliera Djibouti et l’Éthiopie.

Cette nouvelle ligne ferroviaire longue de 752 km et dont le dernier tronçon de rails a été déposé en juin dernier par le chef de l’État djiboutien est entièrement de fabrication chinoise.

La mise en service de ce premier train électrique de la Corne d’Afrique est prévue en octobre prochain.

Avec une vitesse de 120 km/h, ce train permettra de réduire à moins de dix heures la durée du trajet entre Djibouti et Addis Abeba, qui dure actuellement près de deux jours par la voie routière.

Source : Xinhua, French.news.cn   2015-07-07 8 h 32 min 47 s

Train de plaine

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Les lecteurs attentifs du blog attendent peut-être la parution de l’ultime épisode du feuilleton Le roi de profil et portant couronne dont la dernière livraison remonte au 1er mars dernier. Déjà ! C’est qu’il m’est assez difficile de mener depuis Paris, comme je le souhaiterais, l’enquête sur les couronnes portées par Ménélik II, et cette question pourtant est au cœur des interrogations.

En attendant, et pour les faire un peu patienter encore, voici une petite médaille commémorative du chemin de fer de plaine, comme le dit le texte : yä-mǝdǝr : babur:massabbäbiya : : 1.

Sur l’avers, le buste de Ménélik II couronné à droite ; sur le revers, une locomotive à vapeur à gauche ; à l’exergue, la date de 1895, dans le calendrier éthiopien, qui correspond à 1902/1903 ; puis une corne avec le mot BRONZE. Le flan est mat. Une bélière (anneau de suspension). Bronze, 17,25 g. 32,0 mm.

Le conservateur du musée Coty 2 me confirme qu’il s’agit bien d’une œuvre du graveur Jean Lagrange, qui a réalisé les thalers Ménélik en 1893 (voir ce billet). Si le profil du roi semble bien avoir été dessiné à partir du même modèle, la couronne change et l’on notera que dans les deux cas la croix qui coiffe chacune des couronnes est parfaitement visible, car orientée dans l’axe du profil, ce qui est vraisemblablement une adaptation de la réalité.

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Pour ce qui est de la locomotive, Jean-Pierre Crozet en reconnaitra certainement le type. C’est peut-être la Brave, la locomotive fabriquée par la société suisse SLM de Winterthur, photographiée par Alfred Ilg.

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« Locomotive de notre train de Djibouti à Diré-Daoua avec la famille Ilg. » – Photographie Ilg – VMZ.800.16.001 (légende de Madame Zwicky). Avec l’aimable autorisation du Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz).

On peut penser que la médaille commémore l’arrivée du train à Diré-Daoua en décembre 1902, terme du premier tronçon. Quel rôle remplit-elle, en associant la figure royale des timbres et des pièces de monnaie avec celle du train, représenté par la locomotive ? Les déboires de la Compagnie impériale des chemins de fer éthiopiens, créée par Ilg et Chefneux en août 1896, contraignent l’État français à soutenir financièrement l’entreprise privée qui risque de tomber aux mains des Britanniques (convention Bonhoure-Chefneux de février 1902). Cela ne se fait pas sans heurts et Ménélik s’en irrite, qui réagit à cette menace contre la souveraineté éthiopienne en refusant que se poursuivent les travaux sur le deuxième tronçon. La médaille, frappée à Paris, servirait-elle à arrondir les angles ?

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Train de plaine, l’expression en amharique dit bien la nature du profil de la voie, en ascension douce depuis la frontière éthio-djiboutienne jusqu’à l’altitude de Diré-Daoua (1220 m), construite sur les piémonts d’Harar, terme originellement fixé pour la ligne, mais dont Ménélik avait accepté (le 5 novembre 1896) qu’il soit abandonné, parce que trop coûteux et techniquement difficile à atteindre.

La montagne, c’est pour plus tard ! Et les travaux du tronçon B ne reprendront qu’en janvier 1910.

Ajout du 6 juillet

Jeton

Je trouve sur un site de numismatique un jeton en étain avec les mentions suivantes, qui semble avoir pu être transformé en médaille, par l’ajout d’une bélière, comme la pièce en bronze que je possède. Il n’y plus dans ce cas le motif de la corne ni le mot bronze.

Métal : étain
Diamètre : 32  mm
Axe des coins : 12  h.
Tranche : lisse
Poinçon : sans poinçon

Serge Magallon me signale cette information complémentaire. Merci à toi. (Source.)

Médaille commémorative train

 

Notes

  1. Je remercie Serge Dewel pour ces précisions.
  2. Je remercie P.M. Chantereau, Conservateur du Musée Oscar Roty, qui me confirme qu’il s’agit bien d’une médaille gravée par Jean Lagrange et non par Oscar Roty, l’auteur de La Semeuse.

Etiopia. La nuova Addis Abeba

Je propose ici ce film de la propagande fasciste italienne mis en ligne par l’Istituto Luce et signalé par l’ami Marco Vigano, qui donne à voir Addis Abeba en 1939.

On y voit aussi furtivement une des littorina, autorail construit par la firme Fiat, qui symbolisa en Afrique orientale l’expansion coloniale mussolinienne.

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Faisceau fasciste sur le capot d’une Littorina Fiat Aln 56 1903. Photographie Bruno Cianci.

 

In the Land of the Emperor

Mise en ligne par The Burton Holmes Archive d’un extrait de 10 minutes du film Ethiopia. In the Land of the Emperor tourné par le photographe et cinéaste américain Elias Burton Holmes, auteur des fameux Travelogues.

L’extrait commence par l’entrée du train en gare d’Addis Abeba, qui amène les nombreuses délégations venues assister au couronnement du ras Tafari Makonnen, le 2 novembre 1930, sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (Pouvoir de la Trinité). Le film offre des images remarquables d’Addis Abeba et du couronnement du roi des rois.

Les commentaires sont en néerlandais, sous-titrés en anglais, car le film a été présenté au Tropenmuseum d’Amsterdam à l’occasion d’une exposition A Dutch visit to Ethiopia 1930-1931 retraçant le voyage en Éthiopie de deux aventuriers néerlandais, le Baron Binnert van Harinxma thoe Slooten et le biologiste Gerrit Brouwer.

Un diaporama est également visible en ligne détaillant plusieurs étapes de leur voyage.

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Je remercie Estelle Sohier qui nous a signalé l’existence de ce film et de l’extrait mis en ligne lors de la séance du séminaire de recherche « Histoire sociale de l’Afrique orientale, de la mer Rouge et de l’océan Indien, XIXe-XXe siècles : archives, mémoires et circulations » (Silvia Bruzzi, Henri Medard, Elena Vezzadini, EHESS/IMAf) à laquelle elle participait à Paris, le vendredi 29 mai 2015.

La nouvelle ligne Djibouti – Addis Abeba

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AFP PHOTO/Carl de Souza

Je relaie l’article d’Aabla Jounaïdi publié sur le site de RFI qui annonce la pose aujourd’hui 11 juin 2015 du dernier tronçon de la ligne de chemin de fer qui relie Djibouti à Addis Abeba. À noter le lien vers le reportage de Michel Mitrani et Michel Péricard (Cinq colonnes à la une) tourné en 1960.

À lire un complément d’information bien documenté sur l’International Railway Journal et cette dépêche Reuter.

Künzli Frères à Zurich

J’avais publié ici cette carte représentant la maison qu’occupait Alfred Ilg quand il habitait Entotto.

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Heribert Küng reproduit une autre photographie de cette maison dans son livre Staatsminister Alfred Ilg (1854-1916): Ein Thurgauer am Hof Kaiser Meneliks II von Athiopien. Il la présente lui aussi comme une carte postale, sans toutefois préciser si l’éditeur est Künzli Frères à Zurich.

Kung Entotto

La même image se trouve dans la biographie d’Ilg par Conrad Keller (p. 41), qui montre que celle du livre de Küng est inversée :

Keller-Entotto
J’ai découvert deux autres cartes éditées par la maison Künzli de la série Abessinien. Elles sont légendées : Aliu-Amba, bedeutender Markplatz in Schoa,

Abessinien-Aliu

et Ankober (Nordseite).

Abessinien-Ankober

Elles portent respectivement les numéros 2240 et 2237 (celle de la maison d’Ilg porte le numéro 2241). Ce qui laisse entendre qu’il en existe quelques autres (au moins une autre vue d’Ankober).

Ajout par Serge Magallon de la 2242 ce matin, après la publication du billet :

Kunzli-2242

Envoi ce soir par Francis Falceto de la 2243 (Francis, qui me signale aussi un livre pour enfants dont une page combine un paysage d’Abyssinie qui a des airs de Suisse avec le portrait de Ménélik II assis sur un trône avec une dépouille de lion, appartenant au fonds Ilg, et le portrait bien connu d’Alfred Ilg en pied – je mets cela dans les commentaires).

Abessinien-2243

On lit dans Notrehistoire.ch : « L’éditeur Künzli Frères & Co est certainement l’une des plus grandes maisons d’édition pionnières dans la production de cartes postales. Son activité a démarré vers 1874. En 1896 ou 1897, Carl Künzli Frères s’installe éditeur à Zürich, mais possède aussi un atelier au 17 rue Richer à Paris. En 1909 l’éditeur à pignon sur rue au 11 et 13 rue du Sentier, toujours à Paris. Dès 1898 les cartes Künzli sont diffusées dans toute l’Europe. »

Dans le fameux article d’Henry Audon publié dans Le Tour du Monde en 1889, 2e semestre, Paris, Librairie L. Hachette et Cie, on retrouve ces mêmes images : la maison de Ilg, comme je l’avais déjà signalé ici,

Audon-Ilgmais aussi Aliu-Amba :

Audon-Aliu

On y trouve aussi deux gravures d’Ankober (voir Künzli 2243) :

Audon-Ankober

Doc Ethiopie

et les environs de Farré.

Audon-Farré

Et enfin une gravure représentant la maison d’Appenzeller à Entotto (cette image existe aussi en carte postale – voir en commentaire) :

Audon-Appenzeller

On peut espérer trouver ces photographies dans la série numérotée chez Künzli et mieux encore, si l’on parvenait à explorer les archives de cette maison, les photographies originales, plaques de verre ou tirages, qui ont servi à l’impression des cartes postales. On peut nourrir le même espoir dans les archives d’Hachette parmi le matériel qui a servi à réaliser les gravures.

Toutes les photographies à partir desquelles ont été réalisées les gravures sont créditées Léon Chefneux.

Un bagage photographique, comme le nommait Rimbaud, était à l’époque fort coûteux et les voyageurs qui emportaient un tel équipement espéraient naturellement en tirer profit. Chefneux, accompagnant Soleillet, Labattut et le Docteur Alfieri en 1882, puis Audon en 1884-85, n´échappe pas à la règle. La reproduction de ces photographies dans Le Tour du Monde ou sous forme de cartes postales indique au moins deux formes d’exploitation commerciale que Chefneux est parvenu à trouver pour ses clichés. Il faudrait disposer des archives commerciales de ces deux entreprises pour savoir à quelles conditions il a pu céder les droits d’exploitation de ses images, comme on dirait aujourd’hui. On connaîtrait aussi mieux son activité de photographe.

“21 octobre [1882]. — Mon compagon, M. Léon Chefneux, possède un appareil photographique. Nous partons dès le matin, en quête de types et de vues. Les habitants sont fort intrigués et quelques incidents comiques se produisent.” (Paul Soleillet, Obok — Le Choa — Le Kaffa. Récit d’une exploration commerciale en Éthiopie. Maurice Dreyfous, Paris, 1886.)

Ajout du 28 mai : Les archives de la société KFZ auraient été détruites lors de sa disparition en 1976 (source). Des recherches menées à la Bibliothèque nationale suisse à Berne et à la Zentralbibliothek Zürich qui conservent quelques archives de l’éditeur de cartes postales n’ont pas permis de retrouver d’images de la série Abessinien. La recherche s’oriente vers d’autres sources (collections privées notamment).

Où se procurer le livre ?

Vous pouvez commander le livre (Carte Bleue ou  Paypal) ou envoyer un chèque de 39,90 € TTC à l’ordre de : AMARNA PRODUCTION, 40 rue Pierre Brossolette, 92500 Rueil-Malmaison. Les frais de port sont offerts en France métropolitaine (Colissimo) et dans le monde entier (envoi Livres & Brochures).  

Commande possible chez votre libraire ou sur Amazon.fr

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