Moss Bay Steel 1900

Entre Diré-Daoua et Dewele, Aciérie Moss Bay 1900 – DR.

Jean-Pierre Crozet, fils et petit-fils de cheminot à la Compagnie du chemin de fer franco-éthiopien (Jean Crozet : agent au C.F.E. de 1929 à 1954, André Crozet : agent N°01 142 au C.F.E. de 1947 à 1972), et auteur du site Le chemin de fer franco-éthiopien et djibouto-éthiopien, a réagi à la photographie publiée hier en m’envoyant celle-ci.

Voici ce qu’il écrit : « Suite à mon commentaire sur la photo, je te mets une vue prise par les ingénieurs qui avaient été chargés de l’exécution des travaux de réhabilitation de l’ancienne ligne (2009-2010). Ils ont pris la photo d’une portion de rail toujours en service en mars 2010 sur la ligne principale entre Dire Dawa et Adagala (vers Djibouti). Plus que le rail, c’est son état de conservation, le fabriquant (USA) et la date de fabrication indiquée dessus (ironie de l’histoire fabriqué en mars 1900) qui les ont marqués. »

Je rappelle le billet Pekin-Addis écrit à partir de photographies envoyées par l’ami Christian Désagulier.

© Christian Désagulier, 2015

Et j’ajoute ces deux images que Frédéric Davanture m’avait envoyées, l’une montrant un dépôt de rails du programme de réhabilitation à Aysha en 2013 ; la deuxième des traverses de la ligne métrique bricolées pour être utilisées sur des voies d’écartement 1435 mm.

© Frédéric Davanture 2013.

© Frédéric Davanture 2013.

À suivre.

hugfon

Commodity: Old Rail lines, AAA, 99% Heavy Metal Pure Steel

Djibouti – Commodity: Old Rail lines, AAA, 99% Heavy Metal Pure Steel – DR.

 

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Minimum order – 57000 ton

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Yours Sincerely,

Merci à VINCENT BASUYAU qui m’a communiqué le texte de cet échange.

hugfon

La gare d’Addis Abeba

Tandis que l’agence de presse French.china.org.cn communique pour vanter les grands projets chinois de 2016 en Afrique sub-saharienne, dont la construction de la nouvelle voie ferrée Djibouti-Éthiopie, voici quelques photographies de la gare d’Addis Abeba, qui se refait une beauté. On remarquera, qui coupe l’axe historique de l’avenue Churchill, la ligne du nouveau tramway, alors que le percement d’un axe à quatre voies sépare désormais le bâtiment de la gare de ses ateliers et qu’a été détruit le bâtiment de l’apprentissage.

Et, après le commentaire de Catherine Paoli, j’ajoute cet aperçu du quai avec sa verrière crevée, où le temps s’est immobilisé à 5:31.

Toutes les photographies © H FONTAINE, décembre 2016.


hugfon

Ethiopia through writers’ eyes

L’ami Yves Marie Stranger, auteur de Ces pas qui trop vite s’effacent, contributeur à Un Train en Afrique pour le chapitre consacré à Mme Kiki, et traducteur de l’ensemble des textes vers l’anglais, a édité chez Eland Books : Ethiopia Through Writers’ Eyes | An Anthology of Ethiopian Writing from Herodotus to Edgar Allan Poe, by way of Dervla Murphy and Prester John.

L’édition éthiopienne est désormais disponible à Addis Abeba.

Le Train en Afrique ne saurait trop vous recommander cet élégant ouvrage, compilation passionnante et soigneusement éditée de textes qui dressent ensemble le portrait de l’Éthiopie.

« What you have here are quite literally the best pages from whole libraries on Ethiopia, hand-picked by Yves-Marie Stranger, a long time Ethiopia resident, translator and writer. » Barnaby Rogerson

ethiopiabookfront

 

ETHIOPIA: THROUGH WRITERS’ EYES

14.99 £

Hand-picked extracts chosen by Yves-Marie Stranger, a long time Ethiopia resident, trilingual interpreter and writer.

There are only a handful of destinations left in the world that have retained their ability to surprise the traveller and Ethiopia is one of them. This book offers the reader an opportunity to discover or rediscover one of the most fascinating countries on the planet, through a kaleidoscopic variety of authors.  The only country in Africa never to be colonized, ithas an extraordinary history and at the centre of this rugged, landlocked country lies the cultural hub of Addis Ababa.  This book is the perfect companion to any exploration of Ethiopia, be it in the precarious saddle of an Abyssinian pony, or from the folds of an armchair. As well as peopling the land with its own caste of priest kings descended from Solomon and Sheba, Ethiopia has long attracted the attentions of eccentric adventurers, Jesuit explorers, foolish would-be conquerors, as well as saints and sinners in equal measure.

Including: Herodotus, Edward Gibbon, Philip Marsden, Strabo, Abba Gregorios, Arthur Rimbaud, Edgar Allan Poe, Coleridge, Dervla Murphy, Wilfred Thesiger among others.

Edited by Yves-Marie Stranger
ISBN: 978-178060-077-2
Format: 375 p
Place:
East Africa/Ethiopia/Travel Writing

En voir plus chez l’éditeur Eland Books et sur le site de Yves Stranger : Uthiopia.

Press release : press-release-ethiopia-through-writers-eyes-november

hugfon

Il y a en effet urgence !

 L’État éthiopien vient de décréter l’état d’urgence pour six mois.

 

Poursuivant le billet du 6 octobre dernier par lequel j’annonçais l’inauguration de la nouvelle voie ferrée Djibouti-Addis Abeba tandis que se durcit la position du gouvernement face aux revendications populaires, je reprends ici, avec son aimable autorisation, un billet que publie Patrick Laval dans « Ville, Rail et Transports ».

 

Jean-Nicolas Bach explique dans un entretien publié par « Le Monde Afrique » que « privilégier la stabilité économique à l’ouverture politique a créé une situation explosive ». JN Bach a coordonné le dernier dossier de la revue « Politique africaine » (juin 2016), dans lequel les auteurs examinent « L’Éthiopie après Meles Zenawi ». Les successeurs du Premier ministre (décédé en août 2012) sont-ils en mesure de conduire et de réformer l’ambitieux projet laissé en héritage en acceptant de remettre en question le plan hégémonique du parti au pouvoir et un certain autoritarisme ? Le risque est grand de ruiner ce qui a été entrepris avec beaucoup d’énergie, et de voir le pays basculer dans une grave crise. Souhaitons le meilleur à l’Éthiopie.

ethiopiadjiboutirailway

© Elias Meseret/Associated Press

 

Entre l’Éthiopie et Djibouti, les Chinois reconstruisent la voie ferrée… et l’exploitent

Par Patrick Laval

Tout un symbole : presque un siècle après l’achèvement par les Français de la voie ferrée de Djibouti à Addis-Abeba, ce sont les Chinois qui achèvent la reconstruction de cette ligne aux normes les plus récentes. Et s’apprêtent à l’exploiter pendant cinq ans. Ceci alors que les affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre à Addis-Abeba allaient entraîner la déclaration de l’état d’urgence en Éthiopie le 9 octobre.

Quatre jours auparavant, le 5 octobre à Addis-Abeba, Hailé Mariam Desalegn, Premier ministre éthiopien, et Ismaïl Omar Guelleh, président de Djibouti, ont inauguré officiellement les 756 km de chemin de fer construits — ou reconstruits — par les Chinois entre les capitales des deux pays. Symbole encore : le président djiboutien est le fils d’un cheminot de l’ancienne ligne française. Une ligne à voie métrique construite de 1897 à 1917 et longtemps indispensable, car donnant au plateau éthiopien un accès à la mer, mais concurrencée ces dernières décennies par les camions et abandonnée faute d’entretien il y a une dizaine d’années entre Addis-Abeba et Dire-Dawa.

Posée à voie normale de 1 435 mm et électrifiée sous 25 kV 50 Hz, la nouvelle ligne est aux normes chinoises et autorise des vitesses jusqu’à 120 km/h pour les trains de voyageurs et 90 km/h pour le fret. De quoi permettre à ce dernier de relier le port djiboutien et la capitale éthiopienne en 10 à 12 heures, contre deux à trois jours en camion, par trains de 3 500 t, contre 500 t pour les trains de l’ancienne ligne.

Revenue à quelque 3 milliards d’euros, la construction de la section éthiopienne de la ligne a également bénéficié d’un large financement chinois, 70 % du montant ayant été prêtés par la banque Exim, contre 30 % en provenance du gouvernement éthiopien. Côté éthiopien, deux contrats ont été signés en 2011 par l’Agence de développement ferroviaire, l’un avec China Railway Group pour construire les 330 km entre Addis-Abeba et Mieso, l’autre avec China Civil Engineering Construction Corp. pour les 339 km entre Mieso et la frontière avec Djibouti. Les quelque 100 km sur le territoire de Djibouti ont été construits par China Railway Construction Corp. dans le cadre d’un contrat de 450 millions d’euros avec le gouvernement djiboutien en 2012.

En juin 2014, le constructeur chinois CSR Zhuzhou a remporté le contrat pour la fourniture des locomotives électriques de 7,2 MW destinées à la ligne, soit trois pour les trains de voyageurs et 32 pour le fret. Basés sur des modèles existants, ces engins ont été adaptés aux conditions locales, y compris les écarts d’altitude (2 000 m entre Djibouti, au niveau de la mer, et le plateau éthiopien) et de température dans le désert, avec un maximum de 50 °C en journée et des nuits froides. De son côté, CNR Dalian a fourni les locomotives diesel du chantier de construction. De même, les wagons et les voitures viennent de Chine.

Enfin, l’exploitation sera assurée par du personnel chinois pour une période initiale de cinq ans, afin de se donner le temps de former le personnel local, lequel bénéficie de stages de spécialisation en Chine et en Russie. Dans un premier temps, la ligne n’est ouverte qu’au fret, les voyageurs devant encore attendre trois mois mis à profit pour des marches à blanc. Toutefois en novembre 2015, des trains de fret avaient déjà été assurés à titre temporaire sur une section de ligne achevée, lorsque des locomotives de ligne et de chantier ont permis de transporter du blé à destination de zones touchées par la sécheresse.

« C’est la première ligne électrifiée à voie normale du continent construite aux normes et avec la technologie chinoise, et ce ne sera certainement pas la dernière » a assuré aux médias locaux l’ambassadeur de Chine en Éthiopie. Une déclaration qui prend tout son sens lorsque l’on sait que la ligne reconstruite est censée constituer le premier tronçon d’un réseau ferré national éthiopien, voire d’un réseau à l’échelle de la corne de l’Afrique. À cette fin, un contrat clé en main a été signé en juin 2012 avec l’entreprise turque Yapi Merkezi pour construire d’ici 2018 une ligne de 389 km reliant Awash, sur la ligne Djibouti – Addis-Abeba, à Weldiya et Hara Gebeya, plus au nord. Les 220 km au nord de Hara Gebeya, vers Mekele, ont quant à eux été attribués à China Communications Construction Co.

Patrick Laval Ville, Rails et Transports 10/09/2016. Merci à Marie-Noëlle Polino (AHICF).

À bord du nouveau train qui relie Addis-Abeba à Djibouti LE MONDE, 

 

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Jean-Nicolas Bach (CEDEJ-Khartoum) attire notre attention sur l’actualité éthiopienne très tendue, le gouvernement venant de déclarer l’état d’urgence pour six mois. Une actualité qui, malheureusement, confirme les craintes soulevées dans le dernier dossier de la revue Politique africaine (juin 2016), que vous pouvez consulter sur Cairn, ou sur le site de Karthala.

À lire aussi cet entretien conduit par Emeline Wuilbercq (contributrice Le Monde Afrique, Addis-Abeba).

Quelques liens dans la presse :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/10/09/ethiopie-le-gouvernement-declare-l-etat-d-urgence_5010680_3212.html

http://libeafrica4.blogs.liberation.fr/2016/08/28/le-geste-du-marathonien-feyisa-lilesa-aux-jo-decryptage/

http://www.liberation.fr/planete/2016/08/19/ethiopie-la-colere-reprimee-a-huis-clos_1473535

http://www.africanews.com/2016/10/07/internet-cut-arrest-of-bloggers-mass-arrests-not-the-solution-un-tells-ethiopia/

http://www.courrierinternational.com/article/ethiopie-face-aux-violences-la-repression-se-durcit

etatdurgence

Cérémonie d’hommage aux victimes d’une bousculade meurtrière provoquée par des tirs de gaz lacrymogène de la part de la police, dimanche au cours du festival religieux oromo Ireecha à Bishoftu (50 km de la capitale), à Addis-Abeba, le 9 octobre 2016. © REUTERS/Tiksa Negeri

hugfon

Ilg et Rimbaud, photographes

Rimbaud-et-Ilg

Autoportrait d’Arthur Rimbaud sur une terrasse, 1883, musée Arthur Rimbaud AR 277-14 – Alfred Ilg, détail d’un portrait de groupe, 1886, musée d’ethnographie de l’Université de Zurich VMZ 346.17.021.a.

 


Alfred Ilg et Arthur Rimbaud. Tous deux se sont essayés à la photographie lors de leur séjour en Éthiopie. L’ingénieur au service d’un roi technophile et le poète « philomathe », devenu négociant, marchand de « bric-à-brac » (comme l’écrit Ilg) ou, une fois, de fusils, qui se voit explorateur, correspondant de la Société de Géographie, et qui projette un ouvrage sur le Harar et les Gallas, illustré de cartes et de photographies.

ILG ET RIMBAUD, PHOTOGRAPHES
Conférence illustrée à Charleville-Mézières,
auditorium du musée de l’Ardenne,
samedi 17 septembre 2016, à 18 h.
Précédée d’une visite commentée de l’exposition.
ALFRED ILG, UN SUISSE EN ABYSSINIE
Auberge verte, à 16h30 (salle des expositions temporaires du musée Rimbaud).

La visite est limitée à 15 personnes et la conférence à 50, il est prudent de réserver au 03 24 32 44 65.

Musée de l’Ardenne (conférence)
31 Place Ducale
Musée Arthur Rimbaud, Auberge verte (exposition)
Quai Rimbaud
08100 Charleville-Mézières
Tél. : 03 24 32 44 65

hugfon

Georges en Abyssinie

J’ai publié récemment la série « Addis Ababa », qui comprend cette curiosité : « Dance des tueurs des éléphantes ».

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Coll. Serge Magallon

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Coll. Serge Magallon

Une de ces cartes a été envoyée de Djibouti le 16/7/1908 à Mlle M Gardeur par un certain Georges, membre de la mission du chemin de fer d’Abyssinie, conduite par le capitaine Paul Ozil. Voir ce billet et pour Ozil, utiliser l’outil de recherche. Elle arrive à destination à Sarton par Pas-en-Artois dans le Pas-de-Calais le 2/8/1908.

Philippe Oberlé, qui fut en 1965-67 rédacteur en chef du « Réveil de Djibouti », et qui est l’auteur notamment de « Afars et Somalis, le Dossier de Djibouti », publié en 1971 par Présence africaine, m’envoie une carte qui a été adressée par le même Georges à la même destinataire à la date du 4 juillet 1908. Elle a voyagé par la ligne 2 des Messageries, de La Réunion à Marseille pour arriver, semble-t-il, en même temps que l’autre.

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Coll. Philippe Oberlé

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Coll. Philippe Oberlé

Cette carte fait partie de la série que j’ai évoquée comme ressemblant fortement aux séries « Addis Ababa » et « Souvenir de l’Abyssinie », que j’attribue à Jean Adolphe Michel. Elle porte explicitement la mention d’éditeur : A. Michel, Harar. J’en parlerai prochainement. On remarquera que, contrairement aux cartes de ces deux autres séries, les inscriptions au dos sont imprimées dans la même typographie, mais en noir.

Dans les deux cas, les timbres manquent avec leurs annulations, ce qui nous prive d’une partie des informations.

Comme souvent, faute d’un texte conséquent et du fait de l’impossibilité, en règle générale, de les recouper avec des archives familiales, ces cartes ne nous apprennent que peu de choses. Elles sont néanmoins des indices fragiles, qui peuvent, en croisant d’autres sources, confirmer, infirmer certaines hypothèses et elles témoignent tout aussi discrètement d’événements ou de présences, comme ici avec le prénom d’un des membres de la mission Ozil et les dates de son séjour en « Abyssinie ». On s’étonne aussi du parcours qu’elles ont suivi depuis leur réception pour aboutir finalement, par le biais de collectionneurs et de marchands, entre nos mains et, par ces carnets, sur la Toile.

Je raconterai bientôt comment trois cartes, dont deux écrites sur cette même série A. Michel, Harar, et l’une sur une carte de la série « Souvenir de l’Abyssinie », m’ont permis de connaître les dates exactes du départ d’Éthiopie de la famille Ilg et l’itinéraire de leur voyage de retour vers la Suisse.

hugfon

Série « Souvenir de l’Abyssinie »

Voici, suite au billet sur la série « Addis Ababa », la série « Souvenir de l’Abyssinie » composée de neuf cartes avec légendes rouges.

La première utilisation que j’ai trouvée de ces cartes date du 5 avril 1905, ce qui dit l’antériorité de cette série sur l’autre. Les paysages évoquent la région d’Harar ou de Diré-Daoua, beaucoup plus que la capitale – ce qui caractérisait la série « Addis Ababa ». On peut néanmoins s’interroger au sujet de « marché aux hardes » et, surtout, de « guerriers ». Les six premières photographies présentées ci-après semblent avoir été prises au même endroit. C’est à Harar que vit Jean Adolphe Michel d’avril 1902 à octobre 1906.

Le dos est le même que celui de la série « Addis Ababa ».

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Coll. H Fontaine

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Coll. H Fontaine

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Coll H Fontaine

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hugfon

Série « Addis Ababa »

La publication dans ce billet de cette très intéressante image montrant le Pavillon de la Reine au palais du Roi des rois est l’occasion non seulement de s’interroger sur l’auteur de la photographie et l’éditeur de cette carte postale (une seule et même personne ?), mais aussi de visiter un ensemble de cartes dont la facture, la mise en page comme la composition des images, certaines caractéristiques techniques : l’existence de légendes et de titres de séries imprimés en rouge, ou la typographie utilisée au dos des cartes, permettent d’établir des rapprochements sinon des liens entre elles.

Ces cartes, outre leur intérêt propre, sont aussi, pour certaines, le support de messages qui concernent tant le chemin de fer que l’histoire de plusieurs personnages, comme Ilg et Toselli, dont j’aurai l’occasion de parler dans de prochains billets.

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Coll. Serge Dewel

Il existe plusieurs séries de cartes avec des légendes rouges, mais je commencerai à rebours, avec un ensemble de 7 cartes, qui seraient les dernières que publie leur auteur présumé, du temps où il vécut en Éthiopie entre 1901 et 1918.

Car Jean Adolphe Michel, puisque je présume qu’il est l’auteur de ces images — manière d’engager le débat —, publiera ultérieurement une dernière série de cartes éthiopiennes, quand il sera installé en France, à Nice, au début des années trente (voir L’Abyssinie d’Autrefois 123 et 4), bouclant ainsi un parcours qui a commencé à Harar en 1904 avec la confection des toutes premières cartes postales illustrées réalisées en Éthiopie par un Européen.

Où ont été imprimées ces 7 cartes nommées « Addis Ababa » ?  Je l’ignore. Il n’y aucune mention d’éditeur. On relève plusieurs fautes d’orthographe, et le nom de la capitale est écrit : Addis Ababa, ce qui est la version anglophone du mot.

À la fin de l’année 1906, Jean Adolphe Michel quitte Harar et s’installe à Addis Abeba. Il est nommé directeur des Postes éthiopiennes par Alfred Ilg, en remplacement de Mühle qui est mort de la petite vérole. C’est Ilg déjà qui avait fait venir Michel en Éthiopie en 1901, par l’intermédiaire de Brodbeck qui travaillait au Télégraphe à Bâle, pour remplacer Wullschleger, un premier postier suisse établi à Harar, qui s’était suicidé.

Les oblitérations connues sur les cartes « Addis Ababa » sont toutes postérieures à l’arrivée de Michel à Addis.

En outre, elles représentent des sujets manifestement photographiés dans la ville : Au marché ; Marché aux hardes ; Consulat français ; Marchants [sic] ; St Rakuel Antoto et Palais de l’empereur, dont il a été question dans deux précédents billets. Quant à « Dance [sic] des tueurs des éléphantes » (pourquoi éléphantes ?) dont j’avais déjà eu l’occasion de parler ici, cette carte ayant été envoyée dans le Pas-de-Calais par un membre de la mission Ozil, elle peut, sa photo, avoir été prise à Addis.

Une autre série de 9 cartes intitulée « Souvenir de l’Abyssinie » ressemble par sa facture et ses légendes rouges à la série « Addis Ababa ». Toutefois, les sujets photographiés comprennent des scènes qui ont pu être prises à Harar ou près d’Harar et certaines oblitérations, selon Ulf Lindahl, datent de 1905, donc avant l’installation de Michel à Addis Abeba. De ces « Souvenirs de l’Abyssinie », je parlerai une autre fois.

Souvenir-Abyssinie-4

De même, j’examinerai d’autres cartes plus anciennes, légendées en rouge, explicitement marquées « Éditeur A. Michel, Harar » (18 cartes). Michel est depuis avril 1902 le responsable de la Poste d’Harar. En décembre 1903, nous savons par une carte postale qu’il adresse à son frère Fritz, lequel travaille pour le Téléphone à Berne, qu’il se fait envoyer du film et du papier photographiques. Ses cartes seront vendues à Harar, mais aussi à Djibouti.

Enfin, il faut encore mentionner deux autres séries qu’on peut rapprocher de cette production, qui s’intitulent « Djibouti » et « Souvenir de Djibouti » (dont Francis Falceto dénombre 3 et 6 cartes, respectivement).

Voici donc les 7 images de la série « Addis Ababa » :

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Coll. Serge Dewel

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Coll. Serge Dewel

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Coll Serge Magallon

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Coll Serge Magallon

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Coll. Hugues Fontaine

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Coll. Serge Dewel

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Coll. Serge Dewel

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Coll. Serge Magallon

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Coll. Serge Magallon

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Coll. Ulf Lindahl

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Coll. Serge Dewel. Carte qui n’a pas voyagé.

Pour plus de détails sur la biographie de Jean Adolphe Michel, on se reportera à l’article d’Ulf J. Lindahl publié dans le Menelik’s Journal, Vol. 24, N° 4, oct-dec 2008. Je remercie Ulf pour son aide.

hugfon

Les maisons de l’ingénieur Alfred Ilg en Éthiopie

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LES MAISONS DE L’INGÉNIEUR ALFRED ILG EN ÉTHIOPIE

Communication aux 4e Rencontres des études africaines en France

Jeudi 7 juillet, Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO)

65 rue des Grands Moulins, 75013 Paris

Salle 407, atelier « Patrimoine, identité et mémoire dans la Corne », modéré par Serge Dewel (9:00 – 11:00).

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hugfon

Zoomer dans une image : du point et du bougé

J’ai publié le 21 avril dernier la photographie du Pavillon de la reine (VMZ_800_22_004) en signalant que l’on voyait plusieurs personnages photographiés sur les marches du bâtiment : Fanny Gattiker-Ilg et un couple, les Gattiker, qui étaient également présents sur d’autres photographies du fonds Ilg. L’examen de ces occurrences est prétexte à examiner quelques autres photographies de la collection Ilg, avec l’aimable autorisation du musée d’ethnographie de l’Université de Zurich. Et de s’intéresser en particulier à ce qui se passe quand on entre dans les images.

Cette photographie est actuellement montrée en grand format (120 x 160 cm) au musée Arthur Rimbaud de Charleville-Mézières dans l’exposition Alfred Ilg Un Suisse en Abyssinie.

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Négatif noir et blanc sur plaque de verre au gélatino-bromure d’argent, format 9 cm x 12 cm. Photographie Alfred Ilg. VMZ_800_22_004. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich. Tous droits réservés.

personnages

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Sur une autre photographie, prise à l’intérieur du domicile des Ilg (chacun des époux Ilg est à une extrémité de la table), on retrouve la jeune femme à l’ombrelle, assise maintenant à la table des Ilg, avec trois autres hommes européens, dont un, barbu, qui rappelle celui qui se tient sur la plus haute marche du perron, avec un chapeau sur la tête. À la droite se tient un serviteur.

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VMZ_800_22_013. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

On revoit la même jeune femme sur une autre photographie, un peu floue (la vue est prise en intérieur, donc avec une quantité de lumière moindre ; le photographe — peut-être Ilg lui-même, puisqu’il est absent cette fois de l’image — a pu faire bouger l’appareil en déclenchant la prise). Derrière se tient un autre personnage, debout, dont la silhouette évoque celle du jeune homme présent à droite des marches sur la photographie du Pavillon de la reine VMZ_800_22_004. Il a probablement pris le cliché précédent.

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VMZ_800_22_014. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

J’ignore qui sont les trois hommes assis.

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VMZ_800_22_013 détail.

On observera que le point est fait, derrière les personnages, sur un modèle réduit de locomotive posé devant la fenêtre qui intègre deux cadrans : une horloge, un baromètre (?) et un gyroscope (?).

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VMZ_800_22_013 détail.

Ce sont apparemment les quatre mêmes personnes que dans la VMZ_800_22_004 que l’on voit chevauchant dans un paysage d’Addis Abeba. Cette photographie est également présentée en grand format à Charleville-Mézières.

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Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

On en retrouve trois devant la maison des Ilg, avec Fanny tenant une ombrelle. On sait grâce à la présence de l’Adérache clairement visible sur la colline du Gebbi que la photographie est postérieure à 1897 (je reviendrai une autre fois sur la datation de ce bâtiment).

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VMZ_800_14_005. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

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VMZ_800_14_005 détail.

Enfin, une image du fonds Ilg, légendée par Fanny, la fille d’Alfred Ilg donne un élément de réponse : « Herr und Frau Ilg. Otto Gattiker u. Frau. Ca 1900, Addis Abeba Foto Ilg. » Il s’agit du frère de Fanny Gattiker-Ilg, l’épouse d’Alfred Ilg.

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VMZ 346.04.047. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

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VMZ 346.04.047 détail.

Un troisième grand tirage montré à Charleville-Mézières suggère un autre type d’exploration, pour le plaisir et la curiosité : découvrir ce qui est déposé sur les tables du roi (il existe cinq images du dîner dans les appartements du roi) et des Ilg : boissons, friandises…, ces délicatesses offertes lors d’une réception. De quoi disposait-on à Addis Abeba à la fin des années 1890 ?

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VMZ 346.22.060. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

Ces deux séries de photographies montrant l’intérieur de la résidence du roi et celle du salon de la maison des Ilg offrent toutes deux des images d’une intimité en représentation. Elles témoignent en particulier pour les images du salon du roi de la remarquable familiarité qu’avait Alfred Ilg avec Ménélik et il est amusant de constater que, dans des conditions de lumière similaires, Ilg a su capter dans les appartements du roi une atmosphère moins guindée que chez lui, saisir des personnages qui semblent moins poser pour la photographie qu’être saisis sur le vif.

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