Mort du sultan de Tadjourah

Chez le Sultan Abdoulkader Houmed à Tadjourah en novembre 2017.

Le sultan de Tadjourah, Abdoulkader Houmed, est mort le 17 mai à l’âge de 81 ans à l’hôpital d’instruction des armées Percy, à Clamart, près de Paris.

Le corps du sultan sera rapatrié à Djibouti mercredi, jour où il devrait être inhumé à Tadjourah, marquant le début d’une cérémonie funéraire de 9 jours. Le deuil doit durer un an, avant la nomination d’un nouveau sultan.

Sauf avis contraire du Miglis, l’assemblée des chefs de tribus Afars, c’est le vizir Ahmed Chehem qui devrait être intronisé. Les tambours dinkaras seront alors déterrés. Des bœufs seront sacrifiés et leurs peaux serviront à fabriquer deux nouveaux instruments (d’après l’Agence Djiboutienne d’information).

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Vernissage demain de l’exposition Rimbaud photographe

Demain à 17:30 sera inaugurée l’exposition RIMBAUD PHOTOGRAPHE. Rdv en Salle Voyages du musée Arthur Rimbaud à Charleville-Mézières.

L’exposition sera visible jusqu’au 13 octobre prochain. Salle des manuscrits. Salle Voyages. Auberge verte.

Toutes les informations sur http://rimbaudphotographe.eu/.

Travaux de montage de l’exposition dans l’Auberge verte, salle des expositions temporaires, avec Carline (debout) et Laurence.
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Rimbaud photographe

l’Auberge verte en cours de préparation. © H FONTAINE.

Les lecteurs du blog, qui apprécient de lire mes récits construits à partir de photographies historiques liées à la construction du chemin de fer Djibouti Addis Abeba, voudront peut-être en retrouver de nouvelles.

Je les invite à venir voir à Charleville-Mézières, au musée Arthur Rimbaud, du 18 mai au 13 octobre 2019, l’exposition RIMBAUD PHOTOGRAPHE qui se tiendra dans trois espaces du musée : la salle des manuscrits ; la salle Voyages ; l’Auberge verte, salle des expositions temporaires – où j’avais déjà présenté en mai 2016 l’exposition ALFRED ILG. UN SUISSE EN ABYSSINIE.

Dans la salle des manuscrits seront réunies toutes les épreuves connues à ce jour des photographies prises et tirées par Rimbaud lui-même, à Harar en avril-mai 1883. Notamment ses trois autoportraits. Y sera montrée aussi la photographie de groupe légendée « Environs d’Aden. Avant le déjeuner à Scheick Otman ».

Dans la salle Voyages, dans le Cabinet de curiosité, seront présentées trois nouvelles photographies attribuées à Rimbaud. Je dirai le 14 mai par qui et comment. Également des photographies de la série Choa dont il a déjà été question dans ce blog.

Dans l’Auberge verte, l’exposition tentera de faire le point sur l’expérience de photographie que fait Rimbaud en Éthiopie en 1883 et interrogera l’illisibilité de ses trois autoportraits.

Un nouveau blog RIMBAUDPHOTOGRAPHE.EU présente cette nouvelle aventure.

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Une Gendarmerie des Transports Ferroviaires

Un communiqué de l’Agence de presse Xinhua fait état de la création de la « Gendarmerie des Transports Ferroviaires (GTF) pour sécuriser le tronçon djiboutien du nouveau chemin de fer djibouto-éthiopien et garantir la sécurité des personnes et des biens ».

« La GTF aura pour mission principale de mettre en oeuvre les mesures de sécurité globale relatives à la protection des personnes, des équipements et des installations de la Société de Chemin de Fer de Djibouti.

Outre le renforcement de la sécurité des installations ferroviaires et la prévention contre les actes de terrorisme et de vandalisme perpétrés sur les équipements des infrastructures de la société, la GTF sera également chargée de contrôler les accès et la circulation en zone réservée, d’assurer la sécurité des voies ferroviaires et des ponts et de sauvegarder la vie des passagers, des équipages et des personnes au sol. »

Carte postale de la série éditée par A Holtz. Photographe inconnu.

En 1898, l’entreprise en charge de réaliser pour la Compagnie impériale des chemins de fer éthiopiens le tronçon Djibouti – Harar, qui se transforme en un tronçon Djibouti – Addis Harar, la « nouvelle Harar », nom d’abord donné à Diré-Daoua, avait procédé elle aussi, pour protéger la ligne, à la création d’une « milice indigène », le « Service des affaires indigènes » formé à partir d’une milice de commerçants français et placé sous les ordres d’un certain Pierre Carette, que les journaux, nous dit Rosanna Van Gelder De Pineda, surnommaient « le Prince du désert ».

« Le Service des Affaires Indigènes de la CIE, composé d’ascaris abyssins et issas, est principalement établi pour assurer les rapports entre le chemin de fer et les tribus issas, devant l’impossibilité d’envoyer directement des troupes coloniales en territoire éthiopien. Pierre Carette, le chargé du service à l’époque de la première compagnie, jouit d’une puissance considérable sur le trajet entre Djibouti et Diré-Daoua et même à Addis-Abeba ; il possède un budget de 100.000 francs annuels, sans aucun compte rendu, étant responsable uniquement devant le Président du Conseil d’Administration de la compagnie. Petit-fils de l’amiral Bouvet de Lozier et secrétaire de Chefneux, il organise le Service Indigène de la CIE. Son frère, Eugène, se trouve souvent sur place, mêlé parfois aux affaires commerciales en Abyssinie ; ils sont plutôt des aventuriers, mais très bien recommandés auprès des Européens sur place par un familier (inconnu) de Marseille. Les journaux appellent Pierre Carette, le « Prince du Désert » ; il fait l’objet d’attentats et de duels à Djibouti, des épisodes qui prêtent à la CFS le surnom de Far West français que l’on entend souvent chez les cheminots plus âgés. Il termine ses jours en Algérie, où il s’essaie à la viniculture ».

Rosanna Van Gelder De Pineda, Le chemin de fer de Djibouti à Addis-Abeba,Paris, L’Harmattan, 2000, 734 p.

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La Gare selon Eagle Hills

Ethiopie : la société émiratie Eagle Hills lance la construction d’un vaste projet immobilier intégré d’environ 1,8 milliard $ à Addis-Abeba.

Dénommé « La Gare », ce projet sera construit au centre de la capitale éthiopienne, autour de la gare terminale de la première ligne de train Addis-Abeba-Djibouti. Achevée en 1917, elle constituait la principale gare d’Addis-Abeba et la principale source de trafic dans la ville.D’un coût total estimé à 50 milliards de birrs (environ 1,8 milliard $), « La Gare » est un projet immobilier intégré comprenant des installations résidentielles, commerciales, d’accueil, de vente au détail et de loisirs dans un cadre unique, sécurisé et entourant un parc.Exécuté sur une superficie de 360 000 m2 avec une voie ferrée le long de son bord nord, ce projet comportera 4000 résidences, 3 hôtels, des immeubles de bureaux et d’autres zones de services en plein air.La construction de la première phase du projet sera finalisée, d’ici trois ans, selon les promoteurs. Tandis que le projet en entier durera sept ans au total et devrait créer 25 000 emplois.(L’Agence Ecofin est une agence africaine d’informations économiques et financières.)

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Un vent mauvais souffle sur le quartier de la gare à Addis Abeba

Sur financements émiratis, un vaste programme immobilier projette de transformer le quartier de la gare d’Addis Abeba. Les occupants locataires du bâtiment ont été expulsés sans préavis (seule demeure encore dans les lieux la direction de la Compagnie du Djibouto-Éthiopien), la gare des autobus a été déménagée, un parking aménagé en un clin d’œil, Eagle Hills pavoise.

Tout a démarré sur les chapeaux de roue. Le temps semble bien compté.

Le bâtiment de la gare (qu’on aperçoit tout en bas de la première – mauvaise – photo de la maquette du projet) et le Lion de Juda sont voués à devenir des curiosités Disneyland dans un ensemble pharaonique.

Photographies et © Hugues Fontaine.

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Une lettre inédite d’Arthur Rimbaud écrite à Londres le 16 avril 1874

On pourrait penser que je m’éloigne du sujet principal de ce blog – que je ne parviens plus à alimenter avec la même régularité qu’à ses débuts, faute de temps – mais non ! Arthur Rimbaud quand il vivait à Harar en Éthiopie – d’où je vous écris ce soir – s’intéressait à l’idée d’une ligne de chemin de fer reliant les rivages de la mer Rouge aux hautes terres abyssines et il s’était fait envoyer, parmi tant de livres techniques, un manuel de conducteur de locomotives.

Je veux signaler ici – après avoir publié mon dernier blog autour d’une photo-énigme représentant la maison que Rimbaud et Verlaine ont habitée au 8 Royal College Street en 1873, photographiée à la faveur d’un voyage à Londres, et particulièrement dans ce quartier de la gare de St Pancras, – la découverte d’une lettre autographe inédite de Rimbaud écrite à Londres, peut-être depuis le 30 Argyle Square, Euston Road, lors d’un séjour qu’il y fait en 1874 en compagnie de Germain Nouveau.

La lettre est d’une importance manifeste puisqu’il est question d’un projet intitulé Histoire splendide, qui n’est pas sans évoquer ce texte perdu dont parle son ami Delahaye, Photographie du temps passé, dont Rimbaud lui a parlé à la fin de l’hiver 1871.

Tous les détails ici.

A suivre…hugfon

Énigme

Petite énigme : où a été prise cette photographie et que montre-t-elle ?

Réponse en commentaire. Le premier qui donne la réponse reçoit un exemplaire du Train en Afrique.

Félicitations à Michel Boisot qui a trouvé là réponse : 8 Royal College Street à Londres, là où ont vécu Verlaine et Rimbaud en 1873 (les premières réponses sont en commentaires sous l’image, une fois que vous avez cliqué dessus). Texte de la plaque : The French poets/Paul Verlaine/and/Arthur Rimbaud/lived here/May – July 1873.

J’ai fait ce petit détour et cette photographie, non loin de la gare de St Pancras, au retour d’une visite au Victoria & Albert Museum pour voir la vitrine consacrée à la commémoration de Magadala. 1868. J’en parlerai bientôt.

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Une carte envoyée par Otto Gattiker, beau-frère d’Alfred Ilg

Dans sa dernière édition, le Menelik’s Journal publie un article d’Ulf Lindhal : « Two Post Office Pioneers: Henri Mühle and Otto Gattiker », consacré aux premiers postiers recrutés par Alfred Ilg en fin 1898 pour constituer un service postal impérial éthiopien simultanément à l’installation d’une ligne téléphonique et télégraphique, et pour remplacer celui qui avait été mis en place initialement par les Français à Harar (la mission catholique) et à Addis Abeba (par Mondon-Vidailhet)1 – projet dont Henri Tristant, l’historien des postes éthiopiennes, dit qu’Alfred Ilg « songeait depuis longtemps à organiser un tel service autonome, indépendant des courriers français »2.

Ulf s’intéresse à une photographie publiée dans le livre d’André Evalet, De Ménélik à Mengistu. Un Suisse en Éthiopie, Musée d’Ethnographie de Genève, 1999, et dont un détail est repris dans un texte de Hans Krattiger paru dans le Basler Jahrbuch 1957 (signalé par Francis Falceto) qui publie des lettres d’un certain Henri Mühle écrites du temps de son séjour en Éthiopie (1899 – 1902).

La photographie montre à droite Édouard Evalet, un horloger recruté par Ilg par voie de petite annonce dans Le Journal du Jura pour entrer au service de Menelik, assis à côté d’un jeune homme qui pourrait être Henri Mülhe, recruté à Zurich pour le compte d’Ilg par son beau-père, le Président Gattiker3, et qui deviendra le Chef du Service des Postes Éthiopiennes.

L’article d’Ulf Lindhal est l’occasion de revenir sur deux photographies prises dans le salon des Ilg dans leur maison d’Addis Abeba, dont nous avons déjà parlé ici.

Deux clichés ont été pris ; sur l’un Ilg y figure, sur l’autre pas. En revanche, un personnage apparaît, debout, qui est présent sur d’autres clichés conservé dans le fonds Ilg. On peut penser que tous deux se relaient derrière l’appareil photographique.

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VMZ_800_22_013. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

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VMZ_800_22_014. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

La même inversion se produit dans une deuxième paire de photographies prises à un autre moment si on en juge par la barbe de celui qui fume avec un porte-cigarette et porte sur ce cliché un brassard de deuil au bras gauche. À noter dans les deux cas que lorsque Ilg déclenche l’obturateur, la photographie est un peu floue, comme s’il ne prenait pas assez de précaution pour ne pas faire bouger l’appareil.

VMZ_800_22_019. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

VMZ_800_04_004. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

Ce personnage, c’est Otto Gattiker, le frère de l’épouse d’Alfred Ilg, Fanny Gattiker Ilg. Il est arrivé dans la Corne de l’Afrique en fin octobre 18984 avec sa femme, Babetli, que l’on voit à droite sur cette dernière photo (on remarquera que les deux femmes ont aussi échangé leur place entre les deux photographies).

Otto et Babetli ont voyagé en compagnie des trois employés suisses recrutés par le beau-père d’Ilg, Albert Gattiker : Henri Mühle (qui appartenait à l’administration fédérale suisse du télégraphe à Zurich) et deux Bâlois, Wüllschleger and Spitzer. Tristant explique qu’Alfred Ilg « avait obtenu de son beau-frère, Otto Gattiker, qu’il accompagnât les trois hommes à Addis Abeba, afin de prendre la responsabilité de leur installation, et la direction du programme de travaux à éxécuter pendant les premiers mois de leur activité. »5

Je pense aussi qu’une (ou deux) gouvernante(s) faisai(en)t partie du voyage, engagée(s) pour s’occuper des deux enfants Ilg, l’un prénommé Alfred, comme son père, né le 8 janvier 1896 à Zurich, et le second, né le 21 mai 1898 à Addis Abeba, qui porte le prénom de Menelik (ils auront ensuite une fille, Fanny et un dernier garçon, Félix).

Toujours selon Tristant, nous savons qu’Alfred et Fanny Ilg ont quitté Addis Abeba avec Otto et Babetli Gattiker dans les derniers jours de décembre 1899 pour rentrer en Suisse, « A. Ilg estimant, dit Tristant, que la présence de son beau-frère n’était plus indispensable »6. Les époux Gattiker sont donc restés un peu plus d’un an en Éthiopie.

Carte postale aimablement communiquée par Ulf Lindhal.

Nous connaissions le nom d’Otto Gattiker grâce à une mention manuscrite au dos d’une épreuve moderne de la plaque VMZ 346.04.047 portée par Fanny Zwicky-Ilg, la fille des Ilg, dans les années 1970 lors d’un entretien avec le Dr. Walter Raunig, conservateur alors du musée d’ethnographie de l’université de Zurich (voir note 2 ici).

Ulf nous apprend qu’Otto Gattiker a envoyé une carte postale datée du 24 août 1899 à ses parents : Mr. I. Baur/c.o Sternen/Flaach/Canton Zürich/Switzerland.

Chers parents, Vous allez recevoir avec mes lettres (?) plusieurs photographies que j’ai faites. Certaines pendant notre séjour de 14 jours dans le pays de M. Ilg, d’autres dans son salon de réception faites avec de la lumière. Dans une prochaine lettre, je vous enverrai des photographies de notre maison et de plusieurs de ses pièces7.

Son acheminement est intéressant en ce qu’il révèle du fonctionnement du service postal. Postée d’Addis Abeba (bien qu’elle porte le cachet « Entotto », car il n’existait pas encore alors de cachet à dater « Addis Abeba ») le 25 août 1899 avec un timbre d’un guerche, elle transite par Harar le 3 septembre puis par Djibouti (date illisible) où est oblitéré le timbre complémentaire du Protectorat de la Côte des Somalis. Elle voyage ensuite jusqu’à Marseille sur le navire des Messageries maritimes, ligne 3 en provenance de La Réunion (timbre en date du 13 septembre), pour parvenir finalement à son destinataire à Flaach (le 10 octobre ?)

Ce courrier nous éclaire sur toute une série de photographies que conserve le musée d’ethnographie de l’Université de Zurich dans le fonds Alfred Ilg et dont j’ai déjà eu l’occasion, pour certains, de parler. Comme souvent dans ces enquêtes sur du matériau photographique non légendé, il faut que des informations supplémentaires viennent croiser ce que nous savons et qui souvent est bien maigre et lacunaire pour que, les conditions de production des clichés se précisant, ceux-ci deviennent plus éloquents et constituent alors de véritables sources historiques.

1/ wurden nachts beim licht aufgenommen. Nous avons donc confirmation de l’idée émise ici que les photographies prises dans le salon des Ilg ont bien été faites avec l’appoint d’une lumière artificielle : lampe plutôt que flash au magnésium8. Est ce le cas également de la série des photographies dans le salon du roi ? Oui, il me semble, à en juger par le reflet dans la bouteille.

VMZ 346.22.060. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

2/ in lande des Herrn Ilg. A quoi Otto fait il allusion ? On sait qu’Alfred Ilg avait reçu de Menelik une concession agricole. Otto aurait ainsi photographié cette concession et ses employés. Je présenterai dans de futurs billets d’autres images de cette série.

Nous retrouvons les deux couples, Ilg et Gattiker, sous une tente. Sur une images apparaît une gouvernante tenant un enfant sur les genoux. Nous nous la revoyons plus bas (mais est-ce la même femme ?) dans une des pièces de la maison des Ilg (VMZ_800_22_017).

VMZ_346_04_047. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

VMZ_800_10_005. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

VMZ_800_05_008. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

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VMZ_800_14_017. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

3/ Ansichten unseres Hauses und der einzelnen Zimmer. La fin du texte mentionne d’autres vues montrant leur maison (à Addis Abeba) et certaines pièces. Je connais ces images non d’après les épreuves envoyées par Otto (que je n’ai jamais vues), mais par des plaques de verre photographiques rapportées par Ilg en février 1906 lorsqu’il quitte l’Éthiopie ou peut-être plus tôt à l’occasion de voyages précédents. (On ne peut exclure non plus l’hypothèse qu’Otto ait rapporté lui-même ces plaques et qu’elles ait été conservées par la famille Ilg-Gattiker puis versées au fonds Ilg du musée d’ethnographie de l’université de Zurich, sans distinction d’origine.)

Cette correspondance entre Otto et ses parents nous renseigne quoi qu’il en soit sur cet ensemble assez cohérent de scènes où figurent Otto et Babetli, et que nous pouvons dater désormais avec certitude, ce que nous avions pu évaluer précédemment grâce à la présence parfaitement reconnaissable sur l’une d’elle du bâtiment de l’aderache, dont nous savons qu’il fut construit dans la deuxième moitié de 1897/début 1898. Voir à ce sujet le billet de Serge Dewel publié en marge de sa thèse de doctorat.

Elles donnent, avec les précédentes, une idée de la manière dont les Ilg étaient installés, avec les meubles et accessoires d’un intérieur bourgeois européen dans une maison adaptée de l’architecture traditionnelle choanne. Ce mélange des genres est en quelque sorte emblématique de la volonté qui préside à la création d’Addis Abeba comme nouvelle ville et capitale du royaume de Menelik. Comme le résume Richard Pankhurst : « Addis Ababa represented an attempt by an African ruler to forge something new in his country’s history by grafting modern institutions on a traditional living organism. »9

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VMZ_800_14_005. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

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VMZ_800_22_016. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

VMZ_800_22_017. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

Je me souviens d’un échange avec Francis Falceto à qui j’avais envoyé copie d’une lettre à en-tête de la Société philharmonique de Honfleur adressée en janvier 1897 par un certain Cavaillé, chef de musique, au ministre des Colonies pour offrir ses services à Menelik (lettre trouvée dans les archives des ANOM). Francis m’avait répondu en me faisant observer combien le succès de Menelik avait été grand après la victoire d’Adoua sur l’armée du roi Umberto d’Italie (1er mars 1896) et comment en Europe s’étaient multipliées ensuite les publications et reprises publicitaires de son nom et de son image : « cartes postales, publicités, restaurants, écaillers, bonbons, chocolats, cigarettes contre l’asthme, café, savon, vins, médicaments, solutions contre le rhume, la toux et les bronchites, Felix Potin, Liebig, Negus de Nevers, Au Bon Marché, Budweiser (et même plus postérieurement une revue érotique en Italie et une station essence en Bretagne) ».

« C’est au début de 1897 justement, ajoutait-il, que Leontiev a débarqué à Addis avec les 40 cuivres offerts par Nicolas II au vainqueur d’Adoua (et son cousin en religion orthodoxe) + un chef de musique (Milewski). Plusieurs journaux font état de la nouveauté… »

Il y avait aussi dans l’expédition un piano et un orgue. Il se pourrait bien que le piano et le cor visibles dans le salon des Ilg proviennent de Russie.

On notera également sur les murs de la pièce à gauche la présence de ce qui me semble être une photographie du roi (?) et de l’autre côté une autre photographie encadrée représentant un bâtiment d’architecture européenne du XIXe siècle. Un monument de Zurich ?

Enfin, la question se pose de savoir avec quel appareil photographique Otto a pris ces clichés, et comment a-t-il réalisé sur place les tirages qu’il envoie par courrier.

A-t-il apporté lui même un appareil ? Le laisse-t-il sur place et Ilg continuera-t-il de s’en servir ? Ou bien est-ce un appareil que possédait Ilg et qu’il confie à Otto ? Nous connaissons deux appareils ayant appartenu à Ilg sans savoir pour le moment quand exactement il les a acquis : une chambre de moyen format modèle Delta du Dr Krügener à Stuttgart dont la fabrication est attestée en 1892/93 (numéro de fabrication de l’exemplaire acheté par Ilg : 9862) et un Vérascope stéréoscopique dont le numéro de fabrication permet d’envisager une fabrication en première moitié de 189710. Il font partie du legs laissé aux enfants à la mort de Fanny Ilg, le 27 juillet 1955.

Chambre photographique ayant appartenu à Alfred Ilg. Coll. privée. © Hugues FONTAINE.

La question est complexe et nécessite une expertise technique de l’appareil de prise de vue de moyen format et des chassis portant les films. Il faudrait également connaître le matériel utilisé pour développer les plaques. On peut par exemple constater que dans les trois clichés montrant (plus haut) les Ilg et Gattiker sous une tente, les caractéristiques morphologiques des négatifs présentent des différences significatives entre le premier et les deux suivants.

Chambre photographique Delta de format 9 x 12 cm, fabriquée par le Dr Krügener, Bockenheim/Frankfurt am Main, munie d’un dispositif simple de changement de plaques (12 au maximum).

Pour le deuxième terme de la question, les tirages d’épreuves sur papier, on peut aisément supposer qu’Otto ait apporté (ou qu’Ilg ait possédé) un châssis-presse, du papier sensibilisé et la chimie nécessaire pour révéler les plaques photographiques et fixer les épreuves papier. Il est à noter cependant que les archives du fonds zurichois sont composées pour la grande majorité de plaques négatives et non d’épreuves papier.

Pour finir, ces échanges entre Ulf et Daniela Zurbruegg du musée de Zurich nous ont permis d’avancer dans l’identification des hôtes des Ilg ce soir-là. Le barbu à moustache, à droite de l’image, présent sur d’autres clichés avec les époux Gattiker, c’est le chef de la légation italienne, ministre plénipotentiaire en Éthiopie à partir de 1897, Frederico Ciccodicola. Nous reviendrons sur ce personnage important dans un autre billet. Rappelons qu’Alfred Ilg est depuis 1896 conseiller du roi des rois. Les deux autres (diplomates en poste ou négociants établis en Éthiopie, personnalités de passage ?) nous demeurent toujours inconnus.11

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VMZ 346.04.047. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

VMZ 346.22.005. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

Notes

  1. Les circonstances, selon Alain Rouaud, n’en sont pas très claires : « Mondon-Vidailhet s’embarqua à Marseille le 12 octobre 1894 et atteignit Djibouti le 23 du mois. Après y avoir séjourné quelques semaines, il repartit le 9 janvier 1895 à destination de Harar. Là, et dans des conditions non éclaircies, il aurait pris part, à la fin du mois, à l’installation du premier bureau de poste. Schneider et Vanderlinden nous disent même qu’il aurait obtenu la concession du service des postes entre Harar et Addis Abeba et le titre de « Directeur des Postes ». Pour l’historien des postes éthiopiennes, H. Tristant, les choses se sont passées comme suit et remonteraient en fait à 1892, au premier séjour de Mondon en Éthiopie donc. À compter du 25 mai de cette année-là, l’administration coloniale française de Djibouti organisa des « postes spéciales françaises » entre Addis Abeba, Harar et Djibouti. À Harar, le supérieur de la mission française des capucins, Mgr Taurin Cahagne accepta de s’occuper du bureau de poste et, à Addis Abeba, c’est Mondon qui prit ce rôle. » in Alain Rouaud, Casimir Mondon-Vidailhet. Pionnier de l’amitié franco-éthiopienne (1847-1910), http://books.openedition.org/cfee/564.
  2. Tristant, Histoire postale de l’Éthiopie sous le règne de l’empereur Menelik II, Paris, 1977, p 153.
  3. A Swiss pioneer in Abyssinia – From letters of Heinrich Mühle, edited by Hans Krattiger.
  4. Albert Gattiker était président de la commune de Hirslanden (auj. comm. Zurich).
  5. « O. Gattiker, en compagnie de sa femme, et des trois employés, embarquèrent à Marseille le 10 octobre 1898 à bord du Djemmah, de la ligne de la Réunion, et le groupe débarqua à Djibouti le 22 octobre. Ils arrivèrent ensemble à Harar le 14 novembre ; Alfred Ilg était venu les y accueillir pour les conduire à Addis Abeba, où ils devaient prendre leurs services dès le 4 décembre 1898. Il y eut, hélas, au cours du trajet un malheur imprévu : Spitzer, victime d’une insolation dans la traversée du Tschertscher, succomba en route : il ne restait donc que deux des trois employés, alors que la présence d’un troisième était indispensable. Alfred Ilg eut la bonne fortune de pouvoir engager sur place, à Addis Abeba, un télégraphiste d’origine grecque, Aristide Voultzos, professionnellement moins qualifié, qui s’étant mis, a-t-on dit, au service des Italiens, avait participé, au cours de leur campagne [la 1ère guerre italo-abyssine], à la pause de leur ligne télégraphique assurant la liaison avec l’arrière. Enfin, il s’était assuré le service, à titre d’interprète, d’Ato Yechi, précédemment affecté par L. Chefneux au bureau téléphonique de Harar : cet Éthiopien intelligent, de culture française, devait initier à la langue du pays et à l’écriture amharique les nouveaux arrivants. » Tristant, p. 155.
  6. Tristant, p. 154.
  7. Tristant, p. 160.
  8. Je remercie Serge Dewel pour avoir confirmé plusieurs points de traduction de cette carte.
  9. Pankhurst, R. (1961). « Menelik and the Foundation of Addis Ababa. », The Journal of African History, 2(1), 103-117.
  10. Information donnée par Guy Vié et Arnaud Saudax, que je remercie.
  11. Je remercie Daniela Zurbruegg et le musée d’ethnographie de l’Université de Zurich pour m’avoir autorisé à publier en ligne ces photographies du fonds Ilg.

hugfon

Manuscrit du journal de voyage de Paul Soleillet

Une fois n’est pas coutume, je cherche à contacter l’heureux acquéreur du manuscrit du journal de Paul Soleillet (vente publique du 6 mai 2015), tenu lors de son voyage à Obock puis dans le Choa et le Kaffa. Expédition qui commence le 25 décembre 1881 et qui sera publiée sous le titre : Obock, le Choa, le Kaffa, récit d’une exploration commerciale en Éthiopie.

Il s’agirait de présenter ce document lors d’une exposition en France dans un lieu prestigieux. Discrétion assurée. Me contacter en message privé.hugfon

Où se procurer le livre ?

Vous pouvez commander le livre (Carte Bleue ou  Paypal) ou envoyer un chèque de 39,90 € TTC à l’ordre de : AMARNA PRODUCTION, 40 rue Pierre Brossolette, 92500 Rueil-Malmaison. Les frais de port sont offerts en France métropolitaine (Colissimo) et dans le monde entier (envoi Livres & Brochures).  

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Télécharger la fiche du livre :

Un Train en Afrique

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