Zoomer dans une image : du point et du bougé

J’ai publié le 21 avril dernier la photographie du Pavillon de la reine (VMZ_800_22_004) en signalant que l’on voyait plusieurs personnages photographiés sur les marches du bâtiment : Fanny Gattiker-Ilg et un couple, les Gattiker, qui étaient également présents sur d’autres photographies du fonds Ilg. L’examen de ces occurrences est prétexte à examiner quelques autres photographies de la collection Ilg, avec l’aimable autorisation du musée d’ethnographie de l’Université de Zurich. Et de s’intéresser en particulier à ce qui se passe quand on entre dans les images.

Cette photographie est actuellement montrée en grand format (120 x 160 cm) au musée Arthur Rimbaud de Charleville-Mézières dans l’exposition Alfred Ilg Un Suisse en Abyssinie.

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Négatif noir et blanc sur plaque de verre au gélatino-bromure d’argent, format 9 cm x 12 cm. Photographie Alfred Ilg. VMZ_800_22_004. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich. Tous droits réservés.

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Sur une autre photographie, prise à l’intérieur du domicile des Ilg (chacun des époux Ilg est à une extrémité de la table), on retrouve la jeune femme à l’ombrelle, assise maintenant à la table des Ilg, avec trois autres hommes européens, dont un, barbu, qui rappelle celui qui se tient sur la plus haute marche du perron, avec un chapeau sur la tête. À la droite se tient un serviteur.

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VMZ_800_22_013. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

On revoit la même jeune femme sur une autre photographie, un peu floue (la vue est prise en intérieur, donc avec une quantité de lumière moindre ; le photographe — peut-être Ilg lui-même, puisqu’il est absent cette fois de l’image — a pu faire bouger l’appareil en déclenchant la prise). Derrière se tient un autre personnage, debout, dont la silhouette évoque celle du jeune homme présent à droite des marches sur la photographie du Pavillon de la reine VMZ_800_22_004. Il a probablement pris le cliché précédent.

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VMZ_800_22_014. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

J’ignore qui sont les trois hommes assis.

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VMZ_800_22_013 détail.

On observera que le point est fait, derrière les personnages, sur un modèle réduit de locomotive posé devant la fenêtre qui intègre deux cadrans : une horloge, un baromètre (?) et un gyroscope (?).

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Ce sont apparemment les quatre mêmes personnes que dans la VMZ_800_22_004 que l’on voit chevauchant dans un paysage d’Addis Abeba. Cette photographie est également présentée en grand format à Charleville-Mézières.

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Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

On en retrouve trois devant la maison des Ilg, avec Fanny tenant une ombrelle. On sait grâce à la présence de l’Adérache clairement visible sur la colline du Gebbi que la photographie est postérieure à 1897 (je reviendrai une autre fois sur la datation de ce bâtiment).

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VMZ_800_14_005. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

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Enfin, une image du fonds Ilg, légendée par Fanny, la fille d’Alfred Ilg donne un élément de réponse : « Herr und Frau Ilg. Otto Gattiker u. Frau. Ca 1900, Addis Abeba Foto Ilg. » Il s’agit du frère de Fanny Gattiker-Ilg, l’épouse d’Alfred Ilg.

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VMZ 346.04.047. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

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VMZ 346.04.047 détail.

Un troisième grand tirage montré à Charleville-Mézières suggère un autre type d’exploration, pour le plaisir et la curiosité : découvrir ce qui est déposé sur les tables du roi (il existe cinq images du dîner dans les appartements du roi) et des Ilg : boissons, friandises…, ces délicatesses offertes lors d’une réception. De quoi disposait-on à Addis Abeba à la fin des années 1890 ?

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VMZ 346.22.060. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

Ces deux séries de photographies montrant l’intérieur de la résidence du roi et celle du salon de la maison des Ilg offrent toutes deux des images d’une intimité en représentation. Elles témoignent en particulier pour les images du salon du roi de la remarquable familiarité qu’avait Alfred Ilg avec Ménélik et il est amusant de constater que, dans des conditions de lumière similaires, Ilg a su capter dans les appartements du roi une atmosphère moins guindée que chez lui, saisir des personnages qui semblent moins poser pour la photographie qu’être saisis sur le vif.

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De l’utilité des pronoms personnels et des déterminants

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Coll. H FONTAINE

En prélude à la Foire internationale de la Photo qui se tient ce week-end à Bièvres (elle existe depuis 1964), j’ai retrouvé hier soir un de mes « fouineurs », qui m’a présenté un lot de plaques de verre stéréoscopiques provenant du même vendeur que celui auquel j’avais acheté il y a un an un lot dont j’avais extrait cette image insolite du roi Ménélik II visitant un chantier du chemin de fer près d’Addis Abeba en 1906 (alors que la construction de la voie ferrée s’était arrêtée en 1902 à Diré-Daoua). Communication présentée à Varsovie, ICES19, été 2015.

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Visite de Ménélik au chantier du chemin de fer, près d’Addis Abeba (fin 1905 – début 1906). Coll H FONTAINE.

Le lot est plus riche et de meilleure qualité que celui de l’an passé. J’y trouve quelques plaques négatives de positifs que je possède déjà. Et l’inverse, en plus grand nombre : des positifs légendés issus de plaques négatives dont je n’avais pas réussi à identifier le sujet.

Et puis, surtout j’y trouve une image que je connais bien, présente dans le fonds Alfred Ilg du musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, mais cette fois légendée : « A Horfalé. J’assure le départ ». Et une autre, que je découvre, et dont la légende : « Ma 1re antilope » permet d’établir que celui qui pose le pied sur ce gibier est, sinon l’auteur précisément de ce cliché, pris en l’occurrence par un tiers, du moins celui de la série de ces images. Hypothèse que corrobore la légende de la première photographie qui permet elle aussi, par la présence cette fois du pronom à la première personne (« J’assure »), d’établir que ce personnage est l’auteur du « reportage photographique ».

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Coll. H FONTAINE

La découverte est d’importance, car elle remet en question le contenu même du fonds du musée de Zurich, cette photographie étant considérée jusqu’ici comme une photographie prise par Alfred Ilg. Ceci confirme une fois de plus ce que je pense depuis quelques temps : le fonds Ilg réunit des photographies prises par l’ingénieur lui-même et d’autres conservées ou acquises par lui dans des circonstances qui restent encore indéterminées.

Ceci démontre une nouvelle fois, s’il était besoin de le redire, l’importance de pouvoir croiser les fonds iconographiques afin de parfaire l’étude de l’un d’entre eux. Cela dit bien l’importance de pouvoir disposer librement d’un accès en ligne aux collections publiques et tout l’intérêt d’accéder à des fonds privés.

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27 mai 1891

Depuis l’ouverture de l’exposition ALFRED ILG. UN SUISSE EN ABYSSINIE à Charleville-Mézières samedi dernier, je lis Rimbaud : ses œuvres d’abord, sa correspondance et, ce qui est indissociable, je regarde, en rapport avec ses écrits, sa biographie. Le 27 mai 1891, à l’hôpital de la Conception de Marseille, Arthur Rimbaud est amputé de la jambe droite.

Le 30 mai, il écrit au ras Mékonène, gouverneur du Harar :

Excellence,

Comment vous portez-vous ? Je vous souhaite bonne santé et complète prospérité. Que Dieu vous accorde tout ce que vous désirez. Que Dieu vous accorde tout ce que vous désirez. Que votre existence coule en paix.

Je vous écris ceci de Marseille en France. Je suis à l’hôpital. On m’a coupé la jambe il y a six jours. Je vais bien à présent et dans une vingtaine de jours je serai guéri.

Dans quelques mois je compte revenir au Harar, pour y faire du commerce comme avant, et j’ai pensé à vous envoyer mes salutations.

Agréez les respects de votre dévoué serviteur

RIMBAUD.

Ce tableau de Joseph Garibaldi, signalé par Jacques Bienvenu dans son blog, montre le vieux port de Marseille tel qu’a pu le voir Arthur Rimbaud lors de ses voyages.

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Joseph Garibaldi, « Effet d’orage sur le Vieux-Port », DR Fondation Regards de Provence.

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Alfred Ilg à Charleville-Mézières

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© Serge Dewel, 2016.

L’exposition ALFRED ILG. UN SUISSE EN ABYSSINIE a été inaugurée samedi à Charleville-Mézières. Elle est visible jusqu’au 2 octobre 2016, à l’Auberge verte, salle des expositions temporaires du musée Arthur Rimbaud, juste à côté du moulin (entrée gratuite).

Elle est produite par la Ville de Charleville-Mézières — Musée Arthur Rimbaud, en partenariat avec le musée d’Ethnographie de l’Université de Zurich, et l’ambassade de Suisse en Éthiopie. Avec le concours du Centro di Ricerca e Archiviazione della Fotografia, Spilimbergo et de de l’Eidgenössische Technische Hochschule, Zürich. Avec la participation de Bernhard Ilg, Felix Ilg, la famille Chefneux, Serge Dewel, Francis Falceto, Serge Magallon, Elisabeth Biaso, Peter Gerber, Ulf Lindahl.

Scénographie et montage : Hugues Fontaine assisté par l’équipe scientifique du musée, Carole Marquet-Morelle, David Nicolas et Laetitia Dehoul ainsi que par l’équipe technique du musée, Jean-Marc Dumay, Youcef Mezrara. Avec la participation des services de la Ville de Charleville-Mézières et d’Ardenne Métropole (Centre Technique Bâtiment, Service Communication, Direction des services de l’Information). Production déléguée : Amarna Production.

Remerciements particuliers à Andrea Semadeni, Anne-Béatrice Bullinger, Laura Schweizer, Mareile Flitsch, Alexis Malefakis, Salomé Guggenheimer, Kathrin Leuenberger, Felix Ilg, Bernhard Ilg, la famille Zwicky, Alain Tourneux, Monica Bussmann, Serge Dewel, Serge Magallon, Francis Falceto, André Carénini, Prof. Bairu Tafla, Prof. Shiferaw Bekele, Walter Liva, Lara Zilli, Elisabeth Biaso, Peter Gerber, Hans Brunschweiler, Gregor Murbach, Christoph Kuhn, Fasil Giorghis, Éloi Ficquet, Alain Gascon, Marc Fontrier, Marie-José Tubiana, Wolbert G. C. Smidt, Séverine Dessajan.

Commissariat d’exposition : Hugues Fontaine.

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© Hugues Fontaine 2016

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© Hugues Fontaine 2016

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© Hugues Fontaine 2016

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© Hugues Fontaine 2016

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Invitation en bord de Meuse. Alfred Ilg et Rimbaud

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La Ville de Charleville-Mézières, en partenariat avec le Musée d’Ethnographie de l’Université de Zurich, présente du 21 mai au 2 octobre 2016 une exposition retraçant les 28 années de la vie de l’ingénieur Alfred Ilg dans ce que l’Europe nomme alors l’Abyssinie, l’Éthiopie des hautes terres. ALFRED ILG. UN SUISSE EN ABYSSINIE.

Ilg et Rimbaud se rencontrent pour la première fois à Entotto au printemps 1887. Après quatre mois d’une marche éprouvante à travers les déserts et la montagne, Rimbaud est arrivé à Ankober, où il pense trouver le roi Ménélik II à qui il vient livrer la caravane de fusils et de cartouches dont la commande avait été passée à Labatut, mort entretemps. À Ankober, Rimbaud est en butte aux « soi-disant créanciers de Labatut », dont le nombre ne cesse de croître. Il gagne ensuite Entotto, où il se confronte à la malice du roi qui vient de prendre Harar et avec elle tout un arsenal d’armes modernes dont les Britanniques avaient pourvu la ville. Dans ces circonstances, Ménélik refuse de payer à Rimbaud le prix convenu pour des armes qu’il juge obsolètes et se déclare à son tour créancier de Labatut.  Alfred Ilg, qui a alors l’oreille du roi, prend la défense de Rimbaud et intercède en sa faveur.

Ilg retrouve Rimbaud à Aden en novembre 1888, alors qu’il se rend en Suisse. Tous deux partagent l’idée de construire pour le roi une fabrique de fusils et de cartouches. Tandis que Rimbaud reçoit une série de réponses contradictoires des autorités françaises auprès desquelles il a demandé l’autorisation d’importer ce matériel, et qu’il abandonne le projet, Alfred Ilg, lui, introduit en contrebande par Zeilah, les pièces d’une machine qu’il fait passer pour une presse monétaire. Montant au Choa, Ilg passe un mois et demi à Harar, hébergé chez Rimbaud, avant de réussir à rassembler une nouvelle caravane. Il convient avec son hôte d’être son correspondant sur les hautes terres et emporte avec lui, en plus des siennes, les marchandises de Rimbaud. Une correspondance commencée en janvier 1888, tandis qu’Alfred Ilg séjourne à Zurich, se poursuit jusqu’en mars 1891.

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Lettre autographe d’Alfred Ilg à Arthur Rimbaud, 23 août 1890, Antotto, MRMV – 278 (34).

De passage à Harar en juillet 1891, Ilg s’étonne de ne pas trouver Rimbaud, qui a quitté la ville pour se faire soigner à Aden. Ilg n’apprendra que plus tard la mort à Marseille de celui dont il ne savait rien de la vie passée – ce dont il informe Zimmermann et Appenzeller de façon très laconique dans une lettre du 9 mars 1892 : « Comme j’ai appris par M. Chefneux, M. Rimbaud et M. Deschamps sont morts ».

Le vernissage aura lieu le samedi 21 mai à 17h00 en bord de Meuse, dans la salle des expositions temporaires du nouveau Musée Rimbaud, l’Auberge verte. Commissariat : Hugues Fontaine.

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Alfred Ilg. Un Suisse en Abyssinie 1878 – 1906

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Le Musée Arthur Rimbaud de Charleville-Mézières présente du 21 mai au 2 octobre 2016 l’exposition : ALFRED ILG. UN SUISSE EN ABYSSINIE (commissariat Hugues Fontaine).

Salle des expositions temporaires de L’Auberge verte, Ile du Vieux-Moulin, entrée gratuite du mardi au dimanche, 10-12h et 14-18h.

L’exposition présente les vingt-huit années (1878-1906) que l’ingénieur suisse Alfred Ilg passa en Éthiopie, que l’on appelait alors en Europe : l’Abyssinie.

Sont exposées une soixantaine de photographies choisies parmi le millier de clichés que conserve aujourd’hui le Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich et qui constituent le fonds Ilg. Les tirages sont produits à partir de nouvelles numérisations de la collection des plaques de verre négatives, réalisées par le musée à l’occasion de la commémoration du centième anniversaire de la mort d’Alfred Ilg.

Deux diaporamas offrent à voir aussi de très nombreuses plaques stéréoscopiques, ainsi que des photographies de quelques-uns des 600 objets ethnographiques qu’Alfred Ilg a rapportés d’Éthiopie (merci à Elisabeth Biasio et Peter Gerber).

Ces images viennent d’être montrées à Addis Abeba, au Musée d’Art moderne, en partenariat avec le Goethe-Institut dans une production de l’ambassade de Suisse en Éthiopie (commissariat Hugues Fontaine) : Alfred Ilg. L’Ingénieur et le Roi.

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Addis Abeba. Vue sur le palais du roi (Gebbi) avec foule. N° inv : 800.07.005. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich.

On y verra aussi, ce qui n’avait pas été montré à Addis Abeba, 4 tables de documents originaux : gravures parues dans les journaux d’époque, mais surtout un ensemble remarquable de cartes postales (véritables cartes photographiques ou cartes reproduites le plus souvent par phototypie) qui complètent la représentation que nous pouvons nous faire tant du roi Ménélik II que des lieux que fréquenta Alfred Ilg.

Certaines m’ont servi dans le travail d’identification des photographies du fonds Ilg. Les lecteurs du blog en connaissent quelques-unes, qui ont fait l’objet de billets. Beaucoup sont inédites et valent, en plus des photographies de la collection Ilg, qu’on fasse le voyage.

Je remercie chaleureusement Serge Dewel, Serge Magallon, Francis Falceto et André Carenini, qui ont bien voulu prêter des cartes exceptionnelles qui s’ajoutent à celles de ma collection et enrichissent considérablement l’exposition.

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« Arrêt d’un train dans les Plaines d’Abyssinie ». Carte postale reproduite en phototypie. E Lacour. Marseille. Coll. Serge Dewel.

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« Arrêt d’un train dans les Plaines d’Abyssinie » (verso). Plusieurs oblitérations, avril 1905. Coll. Serge Dewel.

Enfin, est évidemment évoquée la relation qui lia Alfred Ilg et Arthur Rimbaud entre leur première rencontre à Entotto lorsque Rimbaud vient livrer au roi les armes et munitions de la caravane Labatut au printemps 1887 et la dernière lettre qu’Ilg écrit à Rimbaud le 15 mars 1891 peu avant que Rimbaud ne quitte Harar pour Aden, où il s’embarquera pour Marseille, la jambe malade.

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Lettre autographe d’Alfred Ilg à Arthur Rimbaud, 26 octobre 1889, Antotto, MRMV – 280 (24).

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Le Pavillon de la reine

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Négatif noir et blanc sur plaque de verre au gélatino-bromure d’argent, format 9 cm x 12 cm. Photographie Alfred Ilg. VMZ_800_22_004. Avec l’aimable autorisation et © Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich. Tous droits réservés.

Le processus d’identification des photographies du fonds Ilg prend du temps. Il nécessite de rassembler des informations à partir de la littérature disponible et de croiser d’autres sources iconographiques. La photographie inventoriée VMZ.800.22.004 en est un bon exemple. Il montre aussi comment l’étude d’une image conduit, par celle se son contexte, à d’autres découvertes.

Le cliché présente un bâtiment du palais impérial d’Addis Abeba (Gebbi) 1 aujourd’hui complètement disparu. On y voit, posant sur les marches, deux couples d’Européens, et trois Éthiopiens. Un Éthiopien, vêtu d’un shamma, porte une ombrelle. Les deux autres sont juchés sur le toit, à côté d’une échelle par laquelle ils ont vraisemblablement grimpé.

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Les Européens sont, de gauche à droite, la femme d’Alfred Ilg, Fanny née Gattiker ; un couple désigné comme « les Gattiker »2  ; un homme portant moustache qui pourrait être Alfred Ilg, mais je ne le pense pas (il paraît plus jeune).

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Le bâtiment est à cheval sur un mur d’enceinte, composé pour sa partie avant d’une structure en bois assez gracieuse et qui a manifestement une fonction de représentation, et pour sa partie arrière d’une pièce, pourvue de fenêtres3 . On accède à l’intérieur de ce pavillon par deux séries de marches qui poursuivent à droite et à gauche le perron où se tiennent les personnages. En éclaircissant la partie sombre de cette photographie, on découvre un espace qui précise la fonction de représentation déjà pressentie : il s’agit d’une terrasse équipée d’un garde-corps en bois ouvragé qui permet de se tenir debout tourné vers l’extérieur ou d’être vu.

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Une carte postale donne à voir ce même pavillon, mais photographié sous un autre angle, ce qui permet de découvrir un deuxième bâtiment en arrière-plan, à demi dissimulé par une haie d’arbres. Les légendes, imprimées en rouge, disent : « Addis Ababa. Palais de l’empereur ».

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Carte postale. Addis Ababa. Palais de l’empereur. Photographe, date et éditeur inconnus. Coll. Serge Dewel.

On retrouve aussi le bâtiment, pris sous un angle assez proche de celui de la photographie d’Ilg, dans le livre de Lincoln de Castro, publié à Milan en 1915 chez Fratelli Treves, Nella Terra dei Negus, fig. 72, T1. Je remercie Francis Falceto qui me l’a signalé. Je remercie également Derge Dewel et Serge Magallon pour les échanges d’informations et d’idées autour de ce bâtiment disparu.

La légende précise : « Le pavillon d’honneur de la reine ». On revoit l’échelle de nos grimpeurs et l’on voit mieux, à l’extrême droite de l’image, une porte basse existant dans le mur d’enceinte et, derrière le mur, ce qui est probablement un toit que l’on devinait à peine sur l’image du fonds Ilg (VMZ_800_22_004). La photographie montre aussi – c’est intéressant – une dizaine de personnes montant les marches du pavillon.

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in Lincoln de Castro, « Nella Terra dei Negus », Fig. 71 et 72, Tome I.

La combinaison des trois images du bâtiment, prises sous des angles de vue complémentaires, permet une compréhension élargie de l’espace où il se situait.

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Cette restitution se précise d’autant mieux qu’une autre photographie, reproduite en fig. 71 du De Castro, montre le deuxième bâtiment visible en arrière-plan de la carte postale et désigné ici comme « le pavillon impérial que Ménélik a fait construire, œuvre de l’ingénieur Capucci »4. Ce bâtiment, la chambre à coucher de l’empereur, était relié à un oratoire dont on voit ici un premier état avant qu’il ne soit transformé et devienne le bâtiment que l’on connaît aujourd’hui (actuellement en restauration), caractéristique par sa structure complexe d’escaliers et de passerelles couvertes et par la forme de la toiture, qui lui a donné son nom : Enqulal bet, « la maison de l’œuf ». Le dernier étage abritait la « chambre du télescope » de laquelle Ménélik pouvait observer l’ensemble de la ville.

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Deux photographies p. 56 du livre de Livio Sacchi, Architectural Héritage in Ethiopia, Skira, 2012, montrent clairement les deux états successifs de l’oratoire. Je pense pour ma part qu’il n’a pas été construit en 1890 mais vers 1893, un incendie ayant détruit une grande partie du Gebbi en 1892.

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L’ensemble de ces images, si on les met en perspective d’autres photographies connues du Gebbi, permet de situer l’emplacement du Pavillon de la reine, aujourd’hui détruit. Ce qui constitue un élément intéressant en vue de dresser un plan du Gebbi à la fin des années 1890, document qui fait actuellement défaut.

De même il serait intéressant de rassembler une information complète sur l’ensemble des portes du Gebbi. Livio Sacchi en dénombre sept, au nombre desquelles Itegue ber, « la porte de la reine », qui pourrait bien être celle de notre photographie.

Enfin, il serait avantageux d’identifier l’auteur de la photographie reproduite sur la carte postale légendée en rouge, ainsi que son éditeur. Jean Adolphe Michel ?

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Détail du plan d’Addis Abeba publié dans l’« Atlas de la Chronique du Règne de Ménélik II, Roi des rois d’Éthiopie », de Guèbrè Sellasié, publiée et annotée par Maurice de Coppet, 1930.

Notes

  1. Le mot Gebbi désigne en amharique la palissade qui constitue une enceinte fortifiée. Par extension, il est pris comme l’ensemble du palais impérial construit à partir de 1886 sur la meilleure colline de Finfine .
  2. C’est ainsi qu’ils sont nommés sur une légende manuscrite portée par Fanny Zwicky-Ilg, la fille d’Alfred et Fanny, dans les années 1970 sur un autre cliché les représentant. On les retrouve sur plusieurs photographies devant et dans la maison des Ilg. 
  3. Vraisemblablement une seule pièce, selon la tradition architecturale éthiopienne, mais ils se pourrait que sous l’influence d’architectes étrangers, comme le montre manifestement le style de ce pavillon, il y ait eu plusieurs pièces. 
  4. De Castro attribue ici à Capucci la construction de la résidence du palais. Nous disposons d’assez peu d’informations sur le rôle exact dévolu à Alfred Ilg dans cette construction (superviseur ?) et sur les contributions faites par des architectes étrangers, arméniens ou indiens, comme le laisse penser la décoration de la porte de l’Adérache.
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Michel Bourgeat 1912 – Un voyageur sur la ligne

par Axel Baudouin

Axel Baudouin m’a adressé ces photographies que son grand-père, Michel Bourgeat, a prises du chemin de fer, photographies dont une partie a malheureusement été détruite. Il y ajoute des extraits des lettres que le voyageur a envoyées à son épouse. « En mettant ces images et ces fragments de lettres sur le site d’Un Train en Afrique, m’écrit-il, j’espère qu’il sera possible d’identifier certains des personnages figurant sur ces images et de recevoir des informations sur les gens cités dans les lettres. Certains comme Caboche, Valz et le vice-consul sont connus, mais qui sont les autres dans ce petit milieu d’expatriés liés à la construction du chemin de fer ? »

Michel Bourgeat était allé en Éthiopie pour une mission commerciale en liaison avec M. Trouillet à Addis Abeba. Les contacts que Michel Bourgeat a eus avec les gens du chemin de fer se sont produits quand, sur la route du retour vers Djibouti, il arrive à Gota le 13 mars 1912 et en repart pour Diré-Daoua le 15 avec le train de service de la compagnie.

Au sujet de Gota, je rappelle les cartes postales de la Collection Gerard, dont l’auteur présumé est Alexandre Marchand, lui aussi présent sur la ligne à cette date (il travaille sur le tronçon B). Axel n’a cependant pas trouvé mention du nom d’Alexandre dans les lettres de Michel Bourgeat. Voir ce billet et celui-ci. Voir également le billet sur l’ingénieur Chimansky.

Michel Bourgeat 1912 – Un voyageur sur la ligne

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Janvier à mars 1912

Depuis plus de 50 ans, j’avais une image du passage de Michel Bourgeat en Éthiopie. C’était une copie sur papier d’un Européen en train de faire son courrier sur le dos d’un éthiopien. Cette image quelque peu choquante révèle la hiérarchie des rapports sociaux établis entre Européens et « indigènes » à leur service. Le cliché était pris le long d’une voie ferrée, probablement dans une gare, quelque part sur la ligne en construction de Diré-Daoua à Addis Abeba alors qu’elle n’atteignait que Gota. C’est une des images, prises par Michel Bourgeat, qui nous sont parvenues ; rescapées des archives familiales. Certaines étaient sur papier et quelques-unes des négatifs sur plaques de verre.

Michel Bourgeat est un négociant en mission auprès du gouvernement éthiopien. Il est parti de Paris le 4 janvier et arrivé à Djibouti le 19 janvier. Il se rend à Diré-Daoua par le train. De là, c’est à pied et à dos de mulet ou de cheval qu’il ira jusqu’à Addis Abeba et reviendra. Au retour il rejoint la ligne en construction vers Gota. À Errer, il rejoint Diré-Daoua par le train de service et continue quelques jours plus tard pour Djibouti. Les derniers jours de son voyage, il rencontre un certain nombre de ses compatriotes « expatriés ». Il prendra ensuite le bateau pour Aden où il rejoindra le paquebot Moréa pour retourner à Marseille. Tout au long de son voyage, il écrira quasiment chaque jour à sa femme.

J’ai fait un récent commentaire de ces lettres : Axel Baudouin, 2015, Letters from Abyssinia- Michel Bourgeat to his wife Renée- January to March 1912. 15 p. Communication présentée à la 19e. Conférence internationale des études éthiopiennes, 25 aout, Varsovie.

Lettre du 19 janvier 1912 — Djibouti

« Nous partons demain à 6 heures du matin et serons à Diré-Daoua à 2 heures 30 de l’après-midi »

Après quelques jours d’attente à Diré-Daoua pour organiser comment continuer vers Addis Abeba il raconte sa première étape de Djibouti à Diré-Daoua.

Lettre du 25 janvier — Diré-Daoua

Lorsque le train s’est mis en marche, le soleil commençait à se lever. Il faisait froid à partir du km. 50, par ce que la ligne en montant de 1 m. à Djibouti à 1200 m à Diré-Daoua. J’ai dû me réfugier dans le fourgon et sortir mes deux couvertures de ma malle. Pendant les 80 premiers kilomètres, on voit le long de la ligne les tombes formées par des tas de pierres des ouvriers tués dans les campements pendant la nuit par les Somalis. Ceux-ci, chameliers pour la plupart se voyaient privés de leurs moyens d’existence par la création de la ligne : d’ailleurs comme les Danakils ils tuent pour le plaisir de tuer, pour eux autant d’assassinats, autant de titres de gloire.

La ligne se divise en deux parties. Djibouti à Adagalla et Adagalla à Diré-Daoua. La première traverse d’abord une suite de hauts plateaux broussailleux aux oueds desséchés où l’on ne voit que quelques rares troupeaux de Somalis nomades et presque pas d’habitation. Tous les 10 km. 4 ou 5 cases misérables… une région volcanique très curieuse. De hautes montagnes de lave noire, absolument nues, de temps en temps dans la plaine quelques buissons… passage du train les groupes de gazelles ou les chacals.

À Adagalla où on arrive vers midi, un bon buffet tenu par un grec, bonne cuisine et chose très rare dans ce pays, parfaite propreté. Après une grande plaine parsemée de fourmilières géantes qui se prolonge jusqu’à Diré-Daoua. À partir de 11 heures, nous avons eu extrêmement chaud. Le thermomètre monte couramment à 50 degrés quelquefois jusqu’à 70 degrés C.

Il y a six ou sept stations entre Djibouti et Diré-Daoua. …sur le territoire français, quatre en Abyssinie. Des bandes de gamins courent près des trains en criant « à la mer » en faisant des courbettes. Si on fait mine de les photographier, ils prennent la fuite comme une volée de moineaux, car il paraît que d’être photographié cela fait mourir. En usant de ruse, j’ai pu prendre deux ou 3 clichés. Les passants sur le bord de la voie, armés de lances : leurs huttes qui entourent les gares sont misérables, quelques piquets couverts de broussailles au milieu d’un cercle formé par un mur de pierres placées les unes sur les autres, d’une hauteur de cinquante centimètres. Les Somalis sont très nomades, ils vont là où il y a de l’herbe, dès qu’il n’y en a plus, ils vont autre part.

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Cette région est dit-on la plus désolée du monde. Nous sommes arrivés à Diré-Daoua à 3 heures.

Ensuite, au départ de Diré-Daoua il prendra le train pour quelques kilomètres.

Arrivé à Ourso le 31 janvier il écrit : « Ma caravane est partie de Diré-Daoua hier à midi : Je l’ai rejointe ici, aujourd’hui à 3 heures et demie en prenant le train partant de Diré-Daoua à 2 heures. La distance entre Dire-Daoua et Ourso est de 27 km. Le train ne s’arrête pas, on voyage sur des plateformes à ballast, les indigènes assis sur le plancher, les Européens sur des bancs très rudimentaires. La ville-station d’Ourso se compose de 3 cabanes en bois habitées par 2 Français employés du chemin de fer. »

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Au retour d’Addis Abeba le 12 mars il rejoint le chantier de construction de la ligne :

Après Karaba, rencontre de la tranchée du chemin de fer. Le 13 mars à 10 h arrivée à Goter (sic). Reçu par M. Mathieu, il n’y a pas de train avant le vendredi 15… je me rends à Herrer (Errer ?). Arrêté en route par Mr et Mme Labadie et Irène qui m’offrent l’hospitalité.

Ses lettres au retour d’Addis Abeba sont devenues très courtes, lacunaires. Elles sont une simple énumération, de style télégraphique, sur des étapes et des gens rencontrés.

En témoignent celles du 14 au 18 mars.

14 mars — 1912. « J’assiste à la pose de la voie. Un train a amené des traverses qui boulonnent les rails Promenade le long du Gota. Retour en draisine. L’après-midi je vais à la pêche, accompagné d’un ascari. Visite du Dr. Beaudros. Gota est à 68 km de Diré-Daoua ».

15 mars — « Départ à 9 h du matin. Changement de train à Errer. Déjeuner chez M. Buchery avec Valz l’entrepreneur. À midi départ. Arrêt de ¾ d’heure à Ourso. Arrivée à 5 h à Diré-Daoua. Dîner avec Regnault, sa femme, Huguet, Barnier, visite à Morsy. »

16 mars — « Déjeuner avec les mêmes. Dîner avec le vice-consul Perrot. Soir au concert avec Guillet le Directeur de la poste et le vice-consul. »

17 mars — « Déjeuner chez le docteur Puchois (?) — diner chez Marsy. Visite à M. Caboche, Directeur de la Cie. »

18 mars — « Départ à 9 h du matin. Arrivée à Djibouti à 5 h. Vigier est à la gare. »

Les photos présentées ici ont été prises le long de la voie, très probablement entre Gota et Diré-Daoua.

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Celle-ci montre le public, à la gare de Diré-Daoua, qui semble attendre le train de/ou pour Djibouti.

Axel Baudouin, février 2016

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Un Train en Afrique

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