Rencontres à Dire Dawa, la ville du train

18e Rencontres internationales des études éthiopiennes

18th International Conference of Ethiopian Studies. Dire Dawa 29 Oct. – 2 Nov. 2012. « Movements in Ethiopia / Ethiopia in Movement »

Les 18e Rencontres de la Conférence internationale des études éthiopiennes (ICES 18) se tiennent à Dire Dawa (Diré-Daoua) du 29 octobre au 2 novembre 2012. Le thème en est « Movements in Ethiopia / Ethiopia in Movement« .

L’Alliance éthio-française de Dire Dawa accueille à cette occasion une exposition de photographies autour de la sortie du livre UN TRAIN EN AFRIQUE / AFRICAN TRAIN, qui sera distribué en Afrique orientale par Shama Books (début 2013).

Une série de films inédits en Éthiopie, montrant le train franco-éthiopien dans les années 1917, 1920 et 1933 y seront projetés le mardi 30 octobre 2012, grâce à l’aimable collaboration du Musée Albert Kahn, des Archives du Film Français (Centre national de la cinématographie et de l’image animée) et de l’ECPAD (Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense).

Fêtes du couronnement de la Reine Zaoditou, 1917 (13′) ALBERT KAHN
Addis-Abeba 1917 (7′) ECPAD
La Mission Charles Michel-Côte. Éthiopie, Soudan 1920 (29′) ALBERT KAHN
Le nouveau Négus, 1928 (1’46) ALBERT KAHN
L’Abyssinie au temps de Ménélik (10′)  ARCHIVES FRANÇAISES DU FILM
La Voie sans disque, Léon Poirier, 1933 (109′)  ARCHIVES FRANÇAISES DU FILM

 

Dans le cadre de ces Rencontres, Itsushi Kawase (National Museum of Ethnology, Japan) présentera « When spirits ride their horses », un film de 28′ tourné en 2012 à propos d’une femme de Gondar qui consacre sa vie au Zar. Il coordonnera également la présentation d’autres documentaires. On en trouvera le programme ici.

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Crozet Jean & André

Jean Crozet à Djibouti devant la locomotive Ankober
Coll. Jean-Pierre CROZET

Jean Crozet est embauché en octobre 1929 par la Compagnie du chemin de fer franco-éthiopien en qualité de comp­table au Service des approvisionnements. Il s’installe à Djibouti et raconte à sa famille les évènements qui viennent agrémenter le quotidien.

« En ce moment nous avons une distraction supplémentaire, une avionnette destinée au gouvernement abyssin est en gare et est montée sur plan. À la sortie des bureaux nous assistons à ce travail, et le départ se fera probablement sur le plateau à côté de la gare. Gros évènement en perspective. L’avionnette est une “Fiat” qui sera pilotée par Maillet (Français), chef de l’aviation de SM Négus Tafari dont les aimables sujets sont, je crois, en train de se battre entre eux. »

Peu après, il fait venir sa femme et son fils André, lequel entrera à son tour au service du Chemin de fer en 1947 comme agent-payeur.

Jean-Pierre Crozet, fils d’André et petit-fils de Jean, qui a vécu à Addis Abeba et à Djibouti au gré des affectations de son père, crée en 2008 un site Internet pour perpétuer la mémoire de la ligne et rendre hommage aux cheminots des trois compagnies qui se sont succédées depuis la création du chemin de fer.

 

 

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Teshomé Woldé Giorghis

Teshomé Woldé Giorghis © H. FONTAINE

Teshomé Woldé Giorghis entre au Chemin de fer franco-éthiopien en janvier 1969 « pour ne pas perdre mes copains », m’explique-t-il. Il a fait fait médecine mais refuse tout net le poste de vétérinaire qu’on vient de lui proposer. Les instructeurs français ont tôt fait de le remarquer et moins d’un an après, il devient l’adjoint du chef de division « Voies et Bâtiments ».

En juin 1977, les maquisards somalis de Siyad Barré sabotent le chemin de fer et attaquent la ville de Diré-Daoua (Dire Dawa). C’est le début de la guerre de l’Ogaden (1977-78). Teshomé participe activement aux travaux de réparations des ponts qui sont dynamités : le grand pont d’Harraouah dit « pont Lagarde », composé de 7 tabliers de 20 m pour la réparation duquel, sous la protection des militaires, les équipes « wagonnage » prêtent main forte aux équipes « ponts métalliques et soudeurs » ; le 240A près de Mello ; le 290A, le pont de Ramsadé, pas très loin de Diré-Daoua, réparé en un jour ; le 42B gravement endommagé avec une partie du tablier effondré ; le 4B, le pont du Laga Oda, attaqué presque en même temps que le 42B, dont les deux sommiers sont détruits et qui est réparé en huit jours ; le 36B ; le 83B ; le 100B à la frontière du pays Issa ; le 115B près d’Afdem, réparé par les équipes d’Addis Abeba ; le 124B…

« Pour tout cela, on ne nous a rien donné, dit Teshomé en souriant, même pas un petit médaillon… Il fallait pourtant faire les réparations au plus vite pour que les troupes puissent circuler. »

Teshomé a photographié les ponts et les réparations. Il me montrent des photos et déroule des négatifs qu’il a développés lui-même et qui sentent le fixateur.

Le 42B © Teshomé Woldé GIORGHIS

 

 

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Histoires ferroviaires

Titre en amharique

C’est le titre en amharique. Ça veut dire : Djibouti – Éthiopie. Histoires ferroviaires, qui a été un des titres envisagés pour le livre.

Et, comme le faisait remarquer Éloi Ficquet, on ne va quand même pas écrire en amharique, pour les lecteurs éthiopiens, que c’est un « train africain » : Les Éthiopiens savent bien qu’ils vivent en Afrique ! Le titre d’un livre, c’est la prérogative de l’éditeur. Merci à toi, Éloi, pour l’enthousiasme que tu as montré dès l’origine de ce projet.

PS : Si la police en amharique ne s’affiche pas correctement, mais que vous voyez des cases et des chiffres bizarres, vous pouvez télécharger ici gratuitement une police amharique.

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Le train vu par Pierre Javelot

Dans le train Djibouti - Addis Abeba.

Dans le train Djibouti – Addis Abeba © Pierre JAVELOT

En 2001 et 2006, Pierre Javelot fait, dans les deux sens, le voyage de Djibouti à Addis Abeba. Il filme le train en super 8 et le photographie, également en noir et blanc, notamment dans ce format panoramique qui permet de montrer – comme dans cette image remarquable – à la fois l’extérieur et l’intérieur, le paysage et les voyageurs.

Marchandes du train Djibouti - Addis Abeba.

Les marchandes ont des allures de reines © Pierre JAVELOT

Gardiennes de leur place, des matrones sont assises sur leur marchandise, les ballots de tissus pour amortir les cahots du train. Elles ont là des allures de reines. Pierre Javelot ne s’y trompe pas, qui photographie dans le même format panoramique le salon du Négus.

Bureau du Négus. Train Djibouti - Addis Abeba.

Le bureau du Négus © Pierre JAVELOT

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Madame Kiki

A Aouache, portrait de Madame Kiki

Madame Kiki © Hugues Fontaine

« Le Buffet de la Gare, c’est moi. » Madame Angèle Assimakopoulos – plus connue sous le surnom qui m’a toujours semblé un peu familier de Madame Kiki écrit Yves-Marie Stranger, est née en 1928 dans la ville ferroviaire de Diré Daoua. Son grand-père, un Grec, est arrivé d’Amérique pour travailler au Chemin de fer, à l’époque de l’empereur Ménélik. Sa mère était grecque elle aussi, née à Djibouti, et, comme ses oncles, elle avait la nationalité française.

Madame Kiki tient le buffet de la gare d’Aouache où plus un train ne passe depuis 2008. Elle y a accueilli Haïlé Sélassié, le Général de Gaulle, Tito, le roi de Grèce… et servi des milliers de voyageurs qui s’y restauraient en attendant que se croisent les trains montant ou descendant, d’Addis ou de Djibouti, sur cette ligne à voie unique.

Assise dans la pénombre de la terrasse, elle raconte à Yves-Marie Stranger l’histoire de sa vie et de ce train qui fut la gloire de l’Abyssinie. Le train aujourd’hui, c’est elle.

Yves-Marie Stranger a publié : Ces pas qui trop vite s’effacent. Sur les traces de RL Stevenson. Ed. L’Archange Minotaure, 2005.

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Parution en novembre 2012

UN TRAIN EN AFRIQUE / AFRICAN TRAIN.  Djibouti – Éthiopie

Textes et photographies de Hugues Fontaine avec des contributions de Yves-Marie Stranger (texte et traduction) et de Pierre Javelot et Matthieu Germain Lambert (photographies). Ed. CFEE / Shama Books.

Format 20,5 x 27 cm à la française, 312 pages, 480 photographies, 100 documents et cartes postales. Édition bilingue français-anglais, relié carton. 39,90 €

African trainun_train_en_Afrique_4e de couverture

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