Visite de Lidj Yassou / Lidj Yassu’s visit

Lidj-Yassou-b&w

Coll. Jacques Auriol/Catherine Paoli.

Le Contrôle Technique des Travaux Public de Diré-Daoua, dans son rapport mensuel de février 1915, rapporte une visite faite par « le gouvernement abyssin ». Le prince régnant Yassou, accompagné de Haïlé Giorghis, ministre des Finances et Contrôleur du Chemin de fer, du djezamach Machacha, d’Igazou et d’une « suite assez nombreuse de chefs », sont partis de la rivière Modjo le 27 février 1915 pour se rendre sur l’Aouache et gagner ensuite Diré-Daoua.

À Diré-Daoua, dans le hall des voyageurs encore inachevé, on sert un vin d’honneur.

The Contrôle Technique des Travaux Public de Diré-Daoua, in its monthly report of February 1915, relates a visit made by « the Abyssinian government ». The ruling prince Yassou accompanied by Haile Giorghis, the minister of Finance and Contrôleur du Chemin de fer, the djezamach Machacha, Igazou and « a rather important retinue of chiefs », left the Modjo River on the 27th of February 1915, to go on the Awash and then reach Dire Dawa.

In Dire Dawa, in the unfinished passenger building, a toast is served. 

Getachew Tedla Hailegiorgis, Resident correspondent for the Deutsche Welle Amharic Service recognized his grand father in the character standing on the right of the prince.

 

Diré-Daoua-Lidj2

Coll. Jacques Auriol/Catherine Paoli.

Ces photographies m’ont été confiées par Catherine Paoli, fille de Jacques Auriol, qui fut jusqu’en 1963 Directeur de la Compagnie du chemin de fer franco-éthiopien.  Dans une simple enveloppe, une demi-douzaine de photographies tirées sur papier albuminé. Pas la moindre mention, ni de contenu ni d’auteur. Les lieux sont pour la plupart reconnaissables et il est clair qu’il s’agit d’une visite importante faite par des dignitaires éthiopiens. Un indice toutefois : le toast que l’on porte devant un personnage qui est le seul à être assis est offert dans un bâtiment en construction. La gare de Diré-Daoua ?

Aux Archives nationales de l’outre-mer, à Aix-en-Provence, quelques mois plus tard, je parcours les dossiers du Contrôle Technique des Travaux Public de Diré-Daoua, structure mise en place pour contrôler les chantiers du deuxième tronçon, le tronçon B, qui reliera Diré-Daoua à Addis Abeba. Le Contrôle enregistre scrupuleusement chiffres, données et évènements et les consigne dans des rapports quotidiens qui offrent une mine d’informations sur cette période de la construction du chemin de fer. La description qui est faite de la visite du prince régnant Yassou à la gare de Diré-Daoua le 28 février 1915 est particulièrement documentée. Rapidement, le souvenir des photographies des archives de Jacques Auriol se superpose à cette narration et l’examen plus attentif des clichés confirme mon intuition. Les photographies contenues dans l’enveloppe de Catherine racontent bien la même histoire.

Celle de ces images ne s’arrête pas là. Au vernissage de l’exposition à l’Alliance éthio-française d’Addis Abeba, le 30 février dernier, Getachew Tedla Hailegiorgis, correspondant en Éthiopie du Service en amharique de la radio Deutsche Welle, reconnaît dans la figure qui se tient à la droite du prince son grand père, Haïlé Giorghis.

hugfon

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