Herzliche Grüsse

En collaboration avec Serge Magallon (relecture et notes)

Autruches domestiques à Harar

Brodbeck Bale Suisse

Carte postale (Éditeur A Michel, Harar — légendes rouges) signée JA Michel, datée du 3 juin 1905. Postée d’Harar1, affranchie d’un timbre portant l’effigie de Ménélik (gravure par Eugène Mouchon) à ¼ de guerche avec la surcharge 5 centimes, tarif ordinaire pour l’acheminement en Éthiopie, et d’un timbre à 10 centimes de la Côte française des Somalis (mosquée de Tadjourah) pour son acheminement vers la France, l’Éthiopie ne faisant pas partie à l’époque de l’Union postale internationale2. Elle est marquée du timbre à date : Djibouti, le 6 juin. Elle voyage donc par le train depuis Diré-Daoua jusqu’à la côte. De là, elle est acheminée par voie maritime et parvient à son destinataire, Monsieur Brodbeck, Chef du service des Télégraphes, à Bâle, en Suisse, le 17 juin (cachet d’arrivée) 3.

C’est par l’entremise de Brodbeck qu’Alfred Ilg avait embauché en septembre 1901 le jeune Michel pour remplacer Wullschleger, préposé de la Poste d’Harrar, qui s’était suicidé le 11 décembre 1900 (Ulf Lindahl, MJ 24/4 oct-dec 2008).

Après un bref séjour à Addis-Abeba, Michel devient le responsable de la Poste d’Harar en avril 1902. Il commence à réaliser ses premières cartes postales à partir de 1904, au moyen d’un appareil photographique et de négatifs que lui a envoyés son frère Fritz (ibidem). On retrouve Michel dans la capitale en octobre 1906.

Rappelons que Mgr André Jarosseau, l’évêque capucin de Harar, avait fait installer à la Mission catholique des Gallas une presse afin de financer la léproserie. Elle sera déplacée et installée à Diré-Daoua en 1908. Il me semble que les légendes portées en rouge sur un certain nombre de cartes ayant circulé dans la région à cette époque sont un indice en faveur de l’hypothèse que toutes ces cartes aient été imprimées sur la même machine et possiblement celle-là (cf. notamment la collection L Gérard).

Léproserie des capucins

Léproserie des Capucins vo

    1. Le cachet à date est du type bilingue de 1895 Harar avec un seul « r ». Il est utilisé de 1896 à fin 1911. La carte est datée du début juin 1905 ; impossible de lire le jour.
    2. La série de 1894 a été surchargée par Michel et mise en vente le 1er janvier. Selon Michaelides dans son ouvrage Ethiopian Stamp Catalogue imprimé pour Imperial Ethiopian Governement Ministry of PT & T, cette série aurait été faite à la demande de la Poste de Djibouti en équivalent franc français (un guerche vaut 20 c de franc) afin de faciliter le calcul du tarif postal. Donc la surcharge et le timbre sont en accord : ¼ de guerche correspond bien à 5 c de surcharge. Tarif total : 5 + 10 = 15 centimes. Cette série peut se trouver surchargée en bleu, rose, violet et noir. 5 700 timbres auraient été surchargés.
    3. Cette carte fait partie de l’abondante correspondance que Michel adresse à ses collègues postiers en Suisse. On connaît également plusieurs cartes envoyées à son frère Fritz.
hugfon

5 comments » Write a comment

  1. la maison où on voit les autruches dans la cour serait la sienne. Il y vivait avec sa femme, qui était arrivé à Harar avec un cirque… j’attend la suite de son histoire, très intéressant, merci!

    • Bonjour. En 1906, Michel rencontre à Harar une aventurière bulgare, dompteuse de fauves, Mme Mohacs. Ils ont une relation mais je ne crois pas qu’ils se soient mariés. Que savez-vous de la maison qu’occupait Michel à Harar ? Cela m’interesse beaucoup. J’ai encore beaucoup de matériau et suis en train d’échanger avec Judy Swink avant de publier d’autres billets. A suivre donc.

      • de la maison, pas beaucoup. Je l’ai cherché sans succès à Harar, de laquelle je travaille à une guide. Mes réf sont Rosa, Ottorino, Nell’impero del Leone di Giuda, 1913 et D’Albertis, Enrico A., Una gita all’Harar, 1906.

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