Le 14 juillet à Mongtzé #4

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Alexandre envoie de Mongtzé le 8 octobre 1904 une carte de sa fabrication. Il écrit à son ami François : « Pas le temps de vous écrire bon ami mais pense toujours à vous. Témoin la présente qui vous donnera en même temps une idée de la fête du 14 juillet à Mongtzé. C’est le tour du mât de Cocagne comme vous le voyez puis le jeu des pots aura son succès. »

Cette carte, troisième du corpus chinois dans l’ordre chronologique, permet de savoir qu’Alexandre est à Mongtzé à la date du 14 juillet 1904 (voir épisode 2). C’est la première carte postale faite avec une photographie d’Alexandre. Nous n’avons rien en 1903, année pendant laquelle la ville de Mongtzé connait des troubles.

Je trouve dans l’excellent petit livre de Pierre Marbotte, petit-fils de Georges-Auguste et Blanche Marbotte, dont je parlerai bientôt, une description du même jeu du mât de cocagne, temps fort de la fête nationale française célébrée à Laokay en 1905 (Georges s’adresse à son jeune fils) : « Ici, ou plutôt à Laokay, la fête nationale a été célébrée avec beaucoup de drapeaux, de bannières et de lampions, mais les musiques faisaient défaut. Un mât de cocagne avait été dressé : les Annamites y grimpaient avec quelque adresse. Il s’agissait d’aller décrocher des lots variés : un canard vivant, une bouteille de champagne, une bouteille de cognac, un parapluie, une lampe, une cafetière, une paire de chaussettes et d’autres lots encore. Sais-tu ce que choisit le premier qui parvint au sommet ? Le canard ? Non pas : le parapluie ! Le second choisit la cafetière, le troisième la lampe ; ce ne fut que le quatrième qui fut tenté par le canard ; la bouteille de champagne fut prise en dernier lieu ; quant à la paire de chaussettes, elle n’eut pas d’amateur. » Pierre Marbotte, Un chemin de fer au Yunnan. L’aventure d’une famille française en Chine, Alan Sutton éd., 2006, p. 62

Le 31 janvier 1906, Alexandre enverra à nouveau de Mongtzé « à [son] cher quémandeur » une image des réjouissances du 14 juillet 1905.

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La carte est envoyée en recommandé. Les cachets à dater détaillent le parcours. Postée le 1 février 1906 de Mong-Tseu-Chine, elle passe par Laokay-Tonkin le 10, Haiphong-Tonkin le 13 pour arriver à Paris le 20 mars où son destinataire, absent, est avisé.

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On lira dans une légende inscrite en 1907 par le père d’Alexandre sur une carte qu’il envoie également à François Crucière (il utilise les clichés de son fils pour en faire des cartes postales) que la photographie représente un des jeux organisés pour la fête du 14 juillet 1905 à Mongtzé. Joseph Marchand utilise ici une variante de l’image envoyée par son fils un an plus tôt.

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Toutes les cartes sont de la collection Yvon VELOT.

À suivre : « la petite cuisine ».

hugfon

2 comments » Write a comment

  1. Bonjour
    Très intéressée par votre article et les cartes postales. Je possède une série de photographies prises à Mongtzé et environs à la même époque et recherche le nom des personnes figurant sur ces clichés , des membres de ma familles ou des amis proches? militaires et civils français venus probablement pour la construction du chemin de fer.
    Nicole

    • Bonjour,
      merci pour votre commentaire. Voulez-vous m’envoyer des scans de vos photos ? (je vous donne mon adresse en message personnel). Je ne vous promets rien mais peut-être, avec l’aide de quelques amis, pourrions-nous reconnaître certains visages. Cordialement,
      HF

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