Les Rousseau à Meulan

Marchand 3 Recto

Une partie de la correspondance qu’entretenait Alexandre Marchand (voir le billet du 14 février) a été sauvegardée en même temps que ses photographies par la femme de François-Joseph Crucière, puis par sa fille unique Marguerite. Marchand utilisait pour correspondre des cartes postales illustrées dont le genre fait florès dans les années 1910. Le contenu de ces cartes est, comme il se doit, assez banal, fait de salutations, de questions polies sur la santé de ses correspondants qu’il espère bonne, et de remarques sur le climat. Marchand veille à garder le contact avec ses proches (« je t’adresse mes sincères, quoique lointaines, amitiés » écrit-il à sa cousine). Lorsqu’il entre dans certains détails de sa vie en Ethiopie, c’est pour expliquer à son cousin que « les travaux n’ont pas à souffrir de l’hiver, comme vous en France » et que « le pays est excessivement sec et [qu’]il n’y pleut qu’à 2 saisons bien réglées par an ». L’écriture est régulière, élégante. Le style, concis. Ces documents offrent évidemment des indications très utiles sur les dates auxquelles Marchand séjourne en Éthiopie, à Diré-Daoua notamment, et sur son réseau familial ou d’amis. Elles donnent également au passage des indications intéressantes sur l’acheminement du courrier.

D’autres cartes signées par Alexandre Marchand m’ont été transmises par Serge Magallon, spécialiste de l’histoire postale éthiopienne, ainsi que plusieurs enveloppes portant le nom du photographe par un autre philatéliste, Ulf Lindahl, excellent connaisseur de l’Éthiopie, établi aux États-Unis d’Amérique, président de l’Ethiopian Philatelic Society et rédacteur d’une lettre, le Menelik’s Journal.

Je reproduis ici une série de trois cartes adressées à la famille Rousseau, qui réside à Meulan, en Seine et Oise (notée une fois par erreur Seine et Marne). La première est écrite le 17 juillet 1911, adressée à Marguerite Rousseau, et postée de Diré-Daoua (le 18 juillet ?). Arrivée à Meulan le 5 (?) août. Au verso, que Marchand utilise également pour la correspondance (comme cela est l’usage) en écrivant une formule de salutation et en répétant date et signature, il corrige aussi une coquille sur la légende de la photographie, qui figure le Secrétariat général de Djibouti. Mention d’éditeur : Dimiti Vlachos, Djibouti.

Marchand 3 Verso

Le 10 avril 1912, Alexandre écrit cette fois à Marcel, son cousin et frère de Marguerite. Tous deux vivent à la même adresse à Meulan, vraisemblablement chez leurs parents. Alexandre répond à une carte que Marcel Rousseau a envoyée d’Arcachon, le 23 mars. La carte d’Alexandre est postée de Diré-Daoua (date difficilement lisible : 19/4/1912 ?) et reçoit une oblitération en Seine et Oise (Meulan ?) le 24 du même mois. Elle est marquée « Ch[emin] de fer Franco-Éthiopien – Diré-Daoua. Abyssinie » et Marchand écrit : « nos travaux avancent lentement mais sûrement ». La carte représente une vue de Diré-Daoua, légendée « Le Village indigène ». Elle fait partie de la Collection L. Gérard (pas d’autre mention d’imprimeur).

SM_DD Marchand RectoSM_DD Marchand Verso

Une troisième carte date du 27 octobre 1912. Elle est oblitérée au départ : Diré-Daoua, 28/X/1912 et marquée à réception d’un cachet « Meulan, Seine et Oise, 8/11/1912 ». Elle est adressée cette fois aux parents de Marcel et Marguerite, qui sont quincaillers à Meulan. Le ton est un peu plus déférent. Marchand signe néanmoins : « Pour vous les baisers bien affectueux de votre cousin ». On notera qu’Alexandre se nomme « cousin » de Marcel comme de ses parents. La carte postale représente des « femmes indigènes à la fontaine », à Diré-Daoua. Nom d’éditeur : Édition A.M., Addis-Abbeba.

Page 12 DD Diré Daoua 17 Verso SM-Marchand a Rousseau versoEn 1912, la Compagnie des chemins de fer  franco-éthiopiens est bien occupée par les nombreux chantiers de construction du tronçon B, qui reliera Diré-Daoua à Addis Abeba. Elle a embauché du personnel et sous-traite également certaines opérations. Jusqu’à présent, mes recherches dans les archives de la compagnie, conservées à Aix-en-Provence, ne m’ont pas permis de retrouver la trace d’Alexandre Marchand. Le Service du Contrôle technique est mis en place à Diré-Daoua en 1909 et ses rapports mensuels constituent une mine d’informations précieuse mais ils sont éparpillés dans les nombreux cartons qui composent les archives de la CFS.

Une recherche dans les archives de la ville de Meulan permettra peut-être de retrouver trace des Rousseau, Quincaillers, établis 17 rue du Fort dans les années 1911 et 1912. D’autres indications, dont je rendrai compte une prochaine fois, permettent de savoir qu’Annecy et Montrouge font également partie de la géographie familiale d’Alexandre Marchand.

À suivre…

 

hugfon

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