Rêves d’or

 

« Si l’expression n’était pas si connotée, on dirait qu’il s’agit d’un road movie, ou plus exactement d’un « railways movie ». On prend beaucoup le train dans Rêves d’or, non pas de ces trains luxueux qui vous baladent à travers l’Amérique centrale. Pas de compartiment ici, pas même de place assise, c’est sur le toit des wagons de marchandises que voyagent ces milliers de jeunes qui partent à l’aventure vers les États-Unis, souvent au péril de leur vie. Pour écrire son film, Diego Quemada-Diez explique avoir collecté des centaines d’histoires de migrants pendant des années.L’un d’eux, un Mexicain, lui avait dit avant de monter dans un train : « On apprend beaucoup le long du chemin. Ici, nous sommes tous frères. Nous avons tous les mêmes besoins. L’important, c’est que nous apprenions à partager. C’est seulement comme ça que nous pouvons avancer, que nous pouvons atteindre notre destination, seul un peuple uni peut survivre. En tant qu’êtres humains, nous ne sommes clandestins nulle part sur cette planète. »

[…] Inlassablement, la nuit tombée, les trains continuent à rouler, des figures errantes entassées sur le toit des wagons. Là, un magnifique paysage verdoyant, plus loin un interminable désert de sable. Convois écrasés au téléobjectif, sensation de lenteur infinie, les images sont superbes. Le calme ne dure jamais longtemps. Et quand viendra le temps pour les survivants de franchir enfin la frontière promise, le rêve deviendra cauchemar dans une usine d’équarrissage. »

Extrait de « L’irresistible appel du Nord » par Franck Nouchi, Le Monde du 3 décembre 2013.

Rêves d’or, de Diego Quemada-Diez.

Avec Brandon Lopez, Rodolfo Dominguez, Karen Martinez, Carlos Chajon (1 h 42).

 

hugfon

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