La gare de Djibouti dans les années 20 / Djibouti railways station in the 1920’s

Photos IES

Une machine Pinguely 030 en gare de Djibouti – DR

Une des toute premières machines de la Compagnie impériale des chemins de fer éthiopiens (CIE) importées par l’Entreprise Générale en 1898, la Pinguely 030. Numérotées de 1 à 4, elles portaient les noms de « Djibouti », « Harrar », « Saône », « Seine ».

One of the very first steam machines of the Compagnie impériale des chemins de fer éthiopiens (CIE) imported by the Entreprise Générale in 1898, a Pinguely 030. With numbers from 1 à 4, they were given the names: « Djibouti », « Harrar », « Saône », « Seine ».

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L’album du Chemin de fer abyssin

L’album de la Mission Ozil, intitulé Chemin de fer abyssin, conservé par l’Institut des études éthiopiennes de l’Université d’Addis Abeba, sous la côte IES Fot. AL ser. n° 7 Alb156, fut donné à l’IES par Mlle P. Michel-Côte, héritière de Charles Michel-Côte, le 15 juin 1973.

Il contient 69 tirages photographiques sur papier albuminé, marouflés sur carton (format 240 x 175 mm). Une légende manuscrite accompagne chaque photographie.

L’essentiel de l’album est composé de clichés pris pendant la mission d’études et de reconnaissance du tronçon B menée par le capitaine Ozil en 1908 (équipe composée de « 3 officiers, 1 médecin et 8 sous-Officiers » avec au moment où la mission quitte Djibouti le 12 avril, un « effectif total de 13 européens, 162 indigènes et 250 animaux »).

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L’album contient également des vues qui témoignent de la curiosité du (ou des ?) photographes(s) de la mission, comme cette image qui montre Ménélik conduisant une automobile sur la place du marché d’Addis Abeba (Arada). (Il s’agit, selon Francis Falceto, d’une Siddeley 18 CV apportée par l’Anglais Bede Bentley.)

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Ou cette « passerelle métallique sur un ravin à l’entrée d’Addis-Ababa ».

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Ou bien encore, cette « Danse des follets », légende augmentée de l’explication suivante : « Les follets sont des indigènes âgés de plus de 30 ans et ayant pris la résolution de se faire circoncire dans le délai d’un an. Ils sont autorisés à quémander dans les villages et ils font bombance. »

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La reproduction de ces documents exceptionnels dans Un Train en Afrique a été rendue possible grâce à la participation à ce projet de l’Institut des études éthiopiennes de l’Université d’Addis Abeba et, en particulier, avec l’aimable autorisation du Professeur Gebru Tareke, alors directeur de l’IES. Merci également à l’ensemble de l’équipe des archives de l’Institut pour leur accueil et leur aide.

 

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Sommaire / Table of contents

SOMMAIRE / TABLE OF CONTENTS

Rhinocéros express 21

Alfred Ilg, photographe / Alfred Ilg, photographer 31

Djibouti 41

La mission Ozil / The Ozil mission 63

Alexandre Marchand 77

Lidj Yassou 93

La Voie sans disque 99

Le couronnement de Zaouditou / Zawditu’s coronation 103

La carte manuscrite de Papazian / Papazian’s hand drawn map 109

Charles Michel-Côte 111

Crozet, Jean & André 129

Diré-Daoua, la ville / Dire Dawa, the town 139

Diré-Daoua, les ateliers / Dire Dawa, the workshops 159

Charchari photographies Matthieu Germain Lambert 211

Mme Kiki texte Yves-Marie Stranger 229

Ponts, coupures et déraillements / Bridges, disruptions and derailments 237

Nostalgie / Nostalgia 254

La mission Dakar-Djibouti / The Dakar-Djibouti mission 257

Addis Abeba 259

Shemendefer photographies Pierre Javelot 291

Histoires ferroviaires / Railroad stories postface / afterword Jean-Christophe Belliard

 

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L’album Ozil

L’album Ozil, composé de 43 planches (dont certaines présentent un montage de deux photographies), commence avec un portrait de l’impératrice Taïtou et se clôt par la visite que fait l’empereur Ménélik sur le chantier de construction de la plateforme de la voie ferrée, près d’Addis Abeba (1908). Format 240 x 175 mm.

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Album Ozil. L’impératrice Taïtou. Coll. IES, Université d’Addis Abeba.

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Album Ozil. Visite du chantier du chemin de fer par l’empereur Ménélik. Coll. IES, Université d’Addis Abeba.

Réalisé suite à la mission d’études que mène le capitaine Paul Ozil en 1908, à la demande du ministère des Colonies, l’album montre les paysages que le train traversera sur le tronçon B, entre Dire Daoua (Dire Dawa) et la capitale, Addis Abeba.

Ozil-paysages

Album Ozil. Reconnaissance du tronçon B. Coll. IES, Université d’Addis Abeba.

Il contient également de nombreuses photographies de travailleurs, à Djibouti comme en Éthiopie, une des recommandations faites à Ozil ayant été de se renseigner tout au long de son parcours sur la main d’œuvre susceptible d’être recrutée pour les chantiers.

« Le temps dont vous disposerez avant la saison des pluies vous permettra d’établir un avant-projet sommaire basé sur une reconnaissance approfondie du terrain que doit suivre la voie et par l’examen des conditions de recrutement et de rendement de la main d’œuvre nécessaire à l’exécution des travaux. J’appelle particulièrement votre attention sur cette question délicate de la main d’œuvre. Vous vous rendrez compte, en outre, du temps que nécessitera l’achèvement de la ligne en ne perdant pas de vue que, si la construction doit être menée aussi rapidement que possible, il ne faut pas qu’une trop grande hâte à commencer et à pousser les travaux nuise à leur bonne exécution. » (Extrait des instructions données par le ministre au capitaine Ozil.)

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Album Ozil. Travailleurs sur les chantiers de Djibouti. Coll. IES, Université d’Addis Abeba.

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Qui était Alexandre Marchand ?

Alexandre Marchand était en Chine en octobre 1902, au moment où débutent les études topographiques du chemin de fer du Yunnan. La ligne (elle aussi à voie unique et à écartement métrique) relie Lao Cai, sur le Fleuve Rouge aux confins du Tonkin et de la Chine, à Yunnan Fou (aujourd’hui Kunming), capitale de la province chinoise du Yunnan. Il y reste plusieurs années.

Alexandre Marchand a-t-il été ingénieur des Ponts ou topographe ? Cette photographie est peut-être un autoportrait fait en Chine.

Alexandre-Marchand

Autoportrait en Chine ? Coll. Yvon Velot

Ce dont on peut être sûr, c’est que Marchand est un excellent photographe, comme en témoignent les photographies qu’il a prises dans le Yunnan puis en Éthiopie, et à Djibouti, sur la Côte française des Somalis. Scènes de rues, portraits posés, paysages, il excelle dans ces différents genres et multiplie les prises de vues.

Djibouti

Djibouti. Coll. Yvon Velot

Entre 1911 et 1913, Alexandre Marchand travaille à Diré Daoua (Dire Dawa) à la construction du Chemin de fer franco-éthiopien. C’est l’époque de la construction du tronçon B, qui va relier Diré Daoua à la capitale, Addis Abeba.

Plusieurs cartes postales qu’il a signées permettent de retracer son parcours en Éthiopie. Il échange une correspondance avec ses cousins, les Rousseau, qui sont quincaillers à Meulan.

Le 9 juillet 1913, Marchand écrit de Djibouti à son ami François Joseph Crucière : « Au moment d’embarquer, un grand et amical souvenir avant d’avoir le plaisir d’en échanger d’autres avec vous, de vive voix ». Il rentre en France.

MARCHAND-Alexandre-Carte-postale-Djibouti-19130709-Verso-120515s

Comme tant de jeunes gens, Marchand a été tué pendant la Première Guerre mondiale.

Si par chance vous saviez quelque chose de lui, écrivez-moi SVP.

 

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Tout est parti d’une série de portraits de cheminots des ateliers ferroviaires de Diré-Daoua…

D’hier à aujourd’hui, par le texte et la photo, une incurcursion dans les coulisses d’une ligne mythique. Compte-rendu par l’Association pour l’Histoire des Chemins de Fer (AHICF).

AHICF

Tout est parti d’une série de portraits de cheminots des ateliers ferroviaires de Diré-Daoua faite à l’automne 2010 par Hugues Fontaine. Le « djibouto-éthiopien » est alors à un tournant de son histoire : son dernier tronçon encore en activité, gravement endommagé par les fortes pluies d’été, n’a toujours pas rouvert faute d’une volonté politique affirmée. C’est donc sa survie qui est alors en jeu. Le désarroi de la communauté cheminote, dont il est le témoin direct, incite Hugues Fontaine à en savoir plus sur l’histoire de ce train. Sur ce qu’il était il y a peu encore : à ses photos, il joint celles de Matthieu Germain Lambert et de Pierre Javelot, instantanés d’une exploitation encore vivante saisie entre 2001 et 2006. Puis, se faisant historien, il explore son passé le plus glorieux, de ses débuts en 1893 jusqu’à la fin des années 1920 marquée par l’inauguration de la gare d’Addis-Abeba. Ce choix n’est pas fortuit, il correspond à une époque particulièrement riche en archives photographiques : cartes postales, productions institutionnelles, personnelles aussi héritées d’anciens cadres français de la Compagnie du chemin de fer franco-éthiopien. Homme de l’art, Hugues Fontaine ne pouvait décemment pas ne pas s’appuyer sur ces legs. Au total, un bel ouvrage qui s’apparente plus à un documentaire cinématographique qu’à un livre d’histoire traditionnel, mais dont le sérieux et la rigueur ne peuvent être mis en doute (il a reçu la caution du Centre français des études éthiopiennes / CFEE). Bruno Carrière, Association pour l’Histoire des Chemins de Fer.

Hugues Fontaine, Un train en Afrique. Djibouti-Éthiopie, CFEE-Shama Books, 2012. 312 pages, relié carton, bilingue français/anglais, 480 photographies, 100 documents et cartes-postales.

En vente en ligne sur http://africantrain.franceserv.com/. 39,90 € (frais de port offerts en France métropolitaine).

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Shemendefer par Pierre Javelot

Le train à quai à Djibouti -

Le train à quai à Djibouti – © Pierre JAVELOT

À Djibouti, le convoi stationne à quai, le long des grands cargos dans la fournaise du port. Bientôt le train partira pour la fraîcheur des hautes terres plantées d’eucalyptus. Vers Addis Abeba ! L’œil du photographe s’attarde sur le pays brûlé qui défile par la fenêtre, circulant sans cesse entre le dedans et le dehors, jusqu’à montrer dans cette image étonnante à la fois le paysage montagneux et l’intérieur de la voiture avec, au premier plan, la trogne goguenarde d’un compagnon de voyage. Les passagers s’accrochent aux portières des voitures qui brinquebalent. Dans le carré des fenêtres sans glace, des silhouettes de femmes surgissent parmi les bidons de plastique. Des mains se tendent pour échanger un billet crasseux, odorant, contre un cornet de graines grillées. Gardiennes de leur place, des matrones sont assises sur leur marchandise, les ballots de tissus pour amortir les cahots du train. Pierre Javelot ne s’y trompe pas, qui photographie dans ce même format panoramique le salon du negus.

Le paysage montagneux et l’intérieur de la voiture

Le paysage montagneux et l’intérieur de la voiture. – © Pierre JAVELOT

Elles ont là des allures de reines. - © Pierre JAVELOT

Elles ont là des allures de reines. – © Pierre JAVELOT

Bureau du negus, voiture impériale. Photographie Pierre Javelot.

Bureau du negus, voiture impériale. - © Pierre JAVELOT

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