Alfred Ilg à Entotto

Ilg

Carte postale 89 x 139 mm, phototypie, coll H FONTAINE.

Une carte postale publiée à Zurich, chez les Frères Künzli, montre la maison qu’occupait Alfred Ilg à Entotto. C’est probablement devant cette maison qu’ont été photographiés ensemble Ilg, Zimmermann, Appenzeler et Chefneux.

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Devant la maison de Ilg – Photographe non identifié – VMZ 346.17.021. Avec l’aimable autorisation du Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz). Tous droits réservés.

« Le cliché pourrait avoir été pris après le déjeuner. On a sorti quelques chaises devant la maison ; un des personnages grille une cigarette. Le petit groupe entoure un homme plus âgé, vêtu de la chamma éthiopienne, une toge de coton blanc que l’on porte drapée. À sa gauche se tiennent Alfred Ilg et Heinrich Appenzeller. À sa droite, Ernst Zimmermann. Tous trois sont suisses, arrivés en Éthiopie en 1879 à la demande de l’empereur Ménélik II qui voulait s’attacher les services de techniciens et de conseillers européens. Ilg est ingénieur, formé à l’École Poly­technique de Zurich. Appenzeller est menuisier. Zimmermann, mécanicien. Assis sur le muret, à droite de Zimmi, Léon Chefneux* fixe l’objectif de ses yeux clairs. Chefneux, tel qu’il se présente dans son dossier de la Légion d’honneur, est un « négociant français établi au Choa, Abyssinie méridionale ». Il a exploré le pays en 1878 pour le compte de la Société de Géographie. Il a accompagné Paul Soleillet dans son exploration commerciale de 1883. Alfred Ilg correspond avec Arthur Rimbaud, établi à Harar comme facteur de la maison Bardey d’Aden. Ilg et Chefneux parlent l’amharique, fréquentent les explorateurs, les marchands, les diplomates, les missionnaires européens de l’époque. Tous deux ont l’oreille de l’empereur, qu’ils conseillent. » (H. Fontaine, Un Train en Afrique. African Train, p. 31-32).

Qui peut donc bien être ce personnage central vêtu d’une chamma ? Taurin Cahagne, à qui l’on prête la rédaction de la concession accordée par Ménélick à Ilg ? Ou le Père Ferdinand ? Resterait aussi à identifier les trois personnages debout derrière le vénérable vieillard.

« Au temps des missionnaires français, Taurin Cahagne et le Père Ferdinand, installés d’abord à Finfinni, ensuite à Birbirsa, écrit Francis Anfray, c’est sur une colline du Wachacha que résidait Menelik. Le Père Ferdinand arriva à Finfinni le 26 octobre 1868. Dans le journal qu’il tenait de son séjour, à la date du 16 janvier 1880 on lit : « visite à Govana à Entoto. Visite à Mr. Hilg où je trouve M.Bianchi, italien arrivé depuis peu ». (Govana est probablement le ras Gobana qui avait sa demeure sur le Wechacha). 15 avril : « Visite de Mr. Bremont se rendant à Entoto ». 26 juin : « Église bâti (sic) à Entoto sur un monticule au-dessus de la maison de Mr. Hilg : Mariam ». 10 décembre:  » Le roi doit bâtir une nouvelle ville du côté de Dildila, et laisser Entoto à l’abun ». Toutes ces observations ne laissent planer aucun doute : Entoto était bien le nom d’une région située au flanc du Wechacha. Menelik y avait sa résidence autour de laquelle se groupaient les gens de son entourage. »

Note de FA : « Alfred Ilg (et non Hilg selon la graphie de Ferdinand) arrive en Éthiopie, dans la région d’Entotto, au début d’avril 1879. Cf. C.Keller. Alfred Ilg, p.26. — II était accompagné de Zimmermann et Appenzeller, « lavoranti, meccanici », selon G. Bianchi (Alla Terra dei Galla ,1884, p. 228). Bianchi parle de la résidence du roi : « Sulla cima di un terzo sollevamento, di fronte all’abitazione dell’Ingeniere Ilg, è fabbricato il ghebi destinato à Menelik ». — « Una villagiatura », — « une fortezza scioana », — « il palazzo reale in Antotto ». » C’était en 1880. »

F Anfray, Autour du vieil Entotto In: Annales d’Ethiopie. Volume 14, année 1987. pp. 7-12.

  • Léon Chefneux, né le 15 janvier 1853 à Piatra, en Roumanie, est en réalité Belge d’origine, naturalisé Français.

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Serge m’envoie ce matin (13 mai) ce portrait de Taurin Cahagne.

Abba Yosef

Voici un autre portrait de Taurin Cahagne.

Taurin Cahagne

 

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Campement de voyageurs à Diré-Daoua

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Une vue représentant Diré-Daoua intitulée « Campement de voyageurs », éditée par K Arabiantz à Djibouti. Cette carte est postée en avril 1907. Il serait intéressant de trouver des oblitérations ou des dates plus anciennes. La ville s’est constituée en 1902 lorsque le chemin de fer qui devait relier initialement Djibouti à Harar y établit son terminus. Cette image montre-t-elle un état de Diré-Daoua avant qu’elle ne devienne une véritable ville ?

L’éminence rocheuse derrière le campement ressemble à celle sur laquelle sera construite plus tard la résidence de Ménélick. Le point de vue serait peut-être le même (s’il s’agit bien du même arbre). Voir Le Pic Grimaldi et La série L Gérard consacrée au Dedjazmatch Tafari Makonnen. Les cartes Gérard ont circulé autour des années 1911.

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Voici les deux cartes mentionnées par Serge dans son deuxième commentaire, dont une autre édition de l’image éditée par Arabiantz (sans nom de photographe ni d’éditeur). Dans la deuxième, intitulée « Un coin de Diré-Daoua », on voit deux rouleaux et du matériel de chantier. Serge mentionne « un cachet naval du 5 avril 1905 ». Trouverons-nous une carte envoyée avant 1902 ?

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Inconnu 03 Un coin de DD recto

 

Ai trouvé cette carte avec un cachet « Dibouti – Côte française des Somalis » mais le timbre est arraché et la date illisible.

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Les Ateliers de la Compagnie du chemin de fer

Voici trois cartes postales montrant les ateliers généraux de Diré-Daoua. Les deux premières sont prises au même endroit, avec une focale légèrement plus grande pour la seconde, celle de JG Mody, postérieure dans le temps, mais probablement de peu.

Ateliers-Gerard

Ateliers-Mody

Gerard 09

Ces ateliers avaient été magnifiquement photographiés par Alfred Ilg en décembre 1902, lors de l’arrivée de la première locomotive à Diré-Daoua, alors terminus de la ligne.

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« Locomotive de notre train de Djibouti à Diré-Daoua avec la famille Ilg. » Photographie Ilg – VMZ.800.16.001 (légende de Madame Zwicky). Avec l’aimable autorisation du Musée d’ethnographie de l’Université de Zurich, Suisse (Völkerkundemuseum der Universität Zürich, Schweiz).

Les voici, photographiés en avril 2013. Les points de vue « historiques » ne sont plus accessibles.

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Ateliers généraux de Diré-Daoua. © H FONTAINE, avril 2013.

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Gare de Djibouti

Gare de Djibouti-Vlachos (1911)

Francis m’envoie cette carte de l’éditeur Dimitri Vlachos, à Djibouti, rappelant qu’Alexandre Marchand a envoyé une autre carte du même éditeur, depuis Diré-Daoua le 17 juillet 1911. Elle représentait le Secrétariat Général.

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J’ajoute (ce mardi 7 mai) les 2 très belles cartes du photographe d’origine indienne, JG Mody, envoyées par Serge, en illustration de son commentaire.

Page MO 21verso

Page12 MO 40 recto

 

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Diré-Daoua à vol d’oiseau

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Pas de mention de photographe, d’éditeur, ni de date.

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Imp. St-Lazare – Dirré-Daoua. Pas de mention de photographe ni de date.

Deux vues prises sensiblement du même endroit, vraisemblablement le « Pic Grimaldi », l’éminence où est construit le Trésor (voir « Le Laga Datchatou, un jour de pluie » et Le Pic Grimaldi).

La première vue peut être datée des débuts de la construction de Diré-Daoua (1902). On voit les bâtiments en bois de la première gare. La deuxième vue est postérieure à 1915. La nouvelle gare a été construite (les bâtiments annexes sont conservés).

La physionomie de la ville, au sud de la gare, a déjà beaucoup changé. On y a construit, notamment un îlot de maisons sur la gauche de l’image, et planté aussi. Entre cet ensemble de villas et la gare, ce qui est probablement le groupe de bâtiments qu’occupent actuellement les bureaux de la Compagnie. On voit se dessiner le plan de Gezira, le quartier « européen ».

Peu de changement visible, en revanche, au nord de la gare.

Ajout du 18 octobre 2013, qui apporte un élément de date.

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Le Pic Grimaldi

Pic Grimaldi

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Vue du palais impérial depuis l’oued Detchatou © H FONTAINE, avril 2013.

Retour sur la comparaison des deux points de vue (déjà publiée ici) avec cette nouvelle image, une photographie de JG Mody, dont la légende précise : Pic Grimaldi.

Qui était ce Grimaldi ?

Pour info, le verso de la carte JG Mody (achetée à Djibouti ?)

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Serge m’envoie cette carte de la collection L Gérard.

Maison de Ménélik

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À l’apéro

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Le tirage n’est pas très réussi et il est difficile de distinguer clairement les visages. Cette carte est néanmoins intéressante pour deux raisons. 1/ la date du 12 septembre 1912 (Alexandre Marchand vit à Diré-Daoua à cette date). 2/ on lit au verso que « l’opérateur ne nous a pas laissé le temps de verser l’apéro dans nos verres ».

On pouvait donc se faire photographier à Diré-Daoua, puis obtenir un tirage pour servir de carte postale, comme un service offert probablement par le studio du photographe local (cf. « Le Laga Datchatou, un jour de pluie »).

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Où était le consulat de France à Diré-Daoua ?

Lors de ma dernière visite à Diré-Daoua, j’ai cherché ce qu’il pouvait rester du consulat de France (voir ce précédent billet), ainsi que son possible emplacement. L’hypothèse qu’il ait pu se situer à l’emplacement de l’actuel consulat de Djibouti ne tenait pas car le paysage derrière le bâtiment, visible sur les images de Gérard ou de Mody, ne correspondait pas à celui aujourd’hui.

Encore une fois, c’est une légende écrite de la main de Marchand qui apporte la solution.

consu recto

Consu verso

Le consulat se situait, précise Marchand, dans « la rue principale de la ville », à l’opposé de la gare. Ce qui laisse imaginer en 1912, dix ans après la naissance de la ville, un centre encore assez ramassé. On retrouve le consulat sur la droite de cette vue (Gérard 24) avec, au fond, la première gare en bois. Il jouxtait manifestement un café.

Gérard 24 recto

Aujourd’hui, le consulat n’existe plus. De surcroît, cette zone a été récemment rasée. À sa place se construit un nouveau bâtiment qui abritera une banque. Voir Derrière les palissades jaunes et vertes.

Voici une vue de l’actuelle place de la gare, prise dans la direction où se trouvait le consulat. Un locotracteur Billard, disposé au milieu du rond-point, empêche de voir la perspective de cette rue. On distingue en revanche très bien sur la gauche le bâtiment actuel de la Poste.

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Voici une autre image, du photographe JG Mody, dans laquelle on aperçoit le consulat derrière le bâtiment de l’ancienne Poste.

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Google Earth

Affaire classée.

Suite au commentaire de Serge (voir ci-dessous), je publie ce plan qu’il m’a envoyé.

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Plan de Diré-Daoua extrait du « Guida dell’Africa orientale italiana » de 1938 envoyé par S MAGALLON.

 

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