Walery 1

Suite de notre feuilleton Walery.

Rappel : Une carte postale signée Walery – Paris représente Ménélik II : « J’ai confiance en ma foi, ma force et mon chemin de fer ».

Menelik

L’histoire de Walery est assez rocambolesque. Derrière ce pseudonyme, il y eut deux photographes et même, semble-t-il, trois ! Je ne suis pas sûr d’avoir démêlé entièrement l’écheveau et j’attends de rencontrer bientôt le petit-fils du troisième, mais voici ce que j’ai pu rassembler et cru comprendre.

Dans Paris-Photographe, revue savante fondée et dirigée par Paul Nadar1, Walery, de son nom Comte Ostrorog2, jouit manifestement de l’estime des rédacteurs. Né « dans la Pologne russe » 3, il est présenté comme une personnalité douée, énergique, infatigable entrepreneur, toujours en mouvement, et pour finir fort appréciée pour sa cordialité et sa bonté. Il a plusieurs talents. « Mais c’est surtout la photographie qui fascinativement l’attire ».

Paris Photographe 1

Paris Photographe 2

Donc, le Comte Stanislaw Julian Ostrorog (1830-1890), né à Mogilev en Lituanie, ouvre un studio de photographie à Marseille, 14 boulevard du Musée, « vers 1864 ».

Walery Marseille 1

carte émaillée marseille

Walery Marseille 2bPuis à Paris, rue de Londres, en 1871.

rue de Londres 29051877

rue de londre 10091876

rue de Londres 10021876

rue de Londres

Studio qu’il revend en 1878 pour s’établir (après un détour par Nice) à Londres au 5 Conduit Street, en mai 1883.

Conduit Street

Et plus tard, en 1887, sur Regent Street, au numéro 164. (À noter qu’il s’était déjà installé une première fois à Londres en 1857 et avait obtenu la citoyenneté britannique en 1862.)

CC-Walery-4-Edith-Lane-back

CC-Walery-4-Edith-Lane

CC-Walery-3-back

Walery devint célèbre notamment après avoir fait en 1886 le portrait de la Reine Victoria à Windsor. The Walery Studio of Regent Street was associated with celebrity and royal portraits. In 1886, Count Stanislaw Ostrorog the elder had photographed Queen Victoria at Windsor and portrait sittings by other members of the Royal Family and the British nobility followed. The studio of Walery had became particularly well-known after the firm of Sampson Low & Co published a series of « Celebrity Portraits » taken at Walery’s Regent Street Studio in the late 1880s. Famous sitters at Walery’s London studio included the composer and conductor Arthur Sullivan (1842-1900), the artist and painter Sir Frederick Leighton (1830-1896), the French chemist and bacteriologist Louis Pasteur (1822-1895) and the actress Sarah Bernhardt (1844-1923). (source)

En 2005, la National Gallery, qui conserve 281 portraits signés Walery, lui consacra une exposition intitulée Victorian Women.

NPG x3799; Queen Victoria by Walery

Queen Victoria by Walery albumen cabinet card, 1887 5 3/4 in. x 4 in. (146 mm x 101 mm) NPG x3799 © National Portrait Gallery, London

NPG x7261; Queen Victoria by Walery, published by  Sampson Low & Co

Queen Victoria by Walery, published by Sampson Low & Co carbon print, published December 1889 9 7/8 in. x 7 1/8 in. (250 mm x 182 mm) image size NPG x7261 © National Portrait Gallery, London

NPG x4125; Alexandra of Denmark by Walery, published by  Sampson Low & Co

Queen Alexandra by Walery, published by Sampson Low & Co carbon print, published December 1889 9 3/4 in. x 7 1/8 in. (249 mm x 182 mm) NPG x4125 © National Portrait Gallery, London

NPG x9121; Dame Millicent Garrett Fawcett (nÈe Garrett) by Walery, published by  Sampson Low & Co

Dame Millicent Garrett Fawcett (nee Garrett) by Walery, published by Sampson Low & Co carbon print on card mount, published September 1889 9 7/8 in. x 7 1/8 in. (250 mm x 181 mm) image size NPG x9121 © National Portrait Gallery, London

Ostrorog mourut en 1890, foudroyé par une rupture d’anévrisme.

Yves Lebrec, conservateur du fonds patrimonial de photographies anciennes de la bibliothèque de Fels de l’Institut catholique de Paris, aujourd’hui à la retraite, homme généralement très bien informé (il m’avait renseigné au sujet du photographe Louis Moulin), écrit : Stanislaw Julian Ostrorog, né en Pologne, acquiert la nationalité britannique par naturalisation du 22 août 1862. Marié à Londres le 4 octobre 1862 à Théodosie Gnozdecka, puis divorcé le 2 décembre 1873, il épouse en secondes noces à Londres, le 21 décembre 1889, Maria Lacroix. Artiste photographe, le comte Ostrorog pratique la daguerréotypie à Warna durant la guerre de Crimée. Il s’établit à Paris vers 1857, puis quitte la capitale pour Marseille, toujours comme photographe (1864-1870). Il exerce à nouveau à Paris à partir de 1871, et prend le pseudonyme de Walery ; il crée la Maison Walery 9 bis, rue de Londres et demeure 9, rue de Londres. Il cède son établissement à Charles Peeters (1879) qui loue les locaux aux photographes Aimé Dupont et Henry Rouen. Tony-Merlet et Félix Chary reprennent la Photographie Walery en 1881. Ostrorog quitte Paris pour Nice en 1879 et fonde une société de photographie dans cette même ville. En 1889, il s’établit à Londres et reprend son activité de photographe jusqu’à sa mort. – Médaille de bon goût unique pour la France. – Intitulé commercial : Photographie WALERY. – Membre SFP 1867-1885 – Voyage Russie, France et Angleterre. – Se fait appeler Ostroga à Menton et Trouville. – Illustrations dans « Le Monde illustré ».

Dos photos : Walery / Photographe/14, Boulevard du Musée/Marseille.  Walery / 9bis, rue de Londres, 9 bis/Paris/Hôtel privé/Téléphone N° 150.72 / Médailles d’or/Paris 1878 / Amsterdam 1883 / Paris 1889 / Médaille de bon goût/Vienne 1873 / Récompense unique/Diplôme d’honneur hors concours/Exposition de Nice 1884 / Médaille de mérite/Philadelphie 1876 / Photographies à la lumière électrique/Tous les clichés sont conservés.  Photographie Walery / 14, boulevard du Musée/Marseille/N° 27593 / Tous les clichés sont conservés.  9bis, rue de Londres Paris/Photographie/Walery / Mont Plaisant/Dinard/Copyright by Walery Paris / (Reproduction interdite).

 Expositions : 1869 et 1874 : S.F.P. -1867 : Paris.-Vienne : 1873 (Médaille de bon goût). -Philadelphie : 1876 (médaille mérite). -Exposition universelle Paris : 1878 (Médaille d’or)-1889 (médaille or). – Nice : 1884. – Amsterdam : 1883 (médaille or).

À la mort de Walery en 1890, son fils Stanislaw Julian Ignacy, Count Ostrorog (1863-1935) reprend l’atelier de son père, et adopte le même pseudonyme.

Mais de cela nous parlerons dans un prochain billet.

Notes

  1. La revue « Paris-Photographe » fut publiée de 1891 à 1894, sous la direction de Paul Nadar, assisté d’Adrien Lefort comme secrétaire de rédaction. Office général de Photographie, 18,5 x27cm, 12 fascicules brochés par année.
  2. D’après le prénom de sa première épouse, Waleria Teodozja Gwozdecka.
  3. À l’est de l’actuelle Biélorussie, proche de la frontière russe. Intégrée à l’époque dont nous parlons à l’empire russe, après avoir appartenu à la Pologne-Lituanie au XVIIIe siècle (République des Deux Nations).

À suivre.

hugfon

In memoriam Madame Assimakopoulos

Mme Kiki nb

Madame Assimakopoulos chez elle au Buffet de la gare le 12 décembre 2010, Aouache © H FONTAINE, tous droits réservés.

Voilà un mois que Mme Assimakopoulos nous a quittés.

Yves-Marie Stranger terminait ainsi le chapitre dans lequel il relate dans Un Train en Afrique sa rencontre avec Mme Kiki, au Buffet de la gare désaffectée d’Aouache :

« Comme le train, le Buffet de la Gare, est arrivé à son terminus il y a bien longtemps déjà. Curieusement, c’est assez réconfortant dans un pays où tout change d’un jour à l’autre. Les bâtiments et les routes surgissent quasiment en une nuit. La croissance démographique s’emballe comme un train sans frein. On parle désormais de 5 000 km de voie ferrée qui seraient construits par les Chinois, vers Jimma à l’ouest, vers Gojam au nord, et bien au-delà. Une vénérable Mme Li ou une honorable Mme Ki tiendra-t-elle salon dans cent ans au Buffet de la Gare, racontant des histoires sur l’ancienne et glorieuse voie de chemin de fer, depuis un recoin sombre de l’histoire ? Je ne pose pas cette question saugrenue à Mme  Kiki bien sûr, mais je lui souhaite bonne nuit en français, à quoi elle me répond avec sa politesse surannée. Quant à savoir si ses manières impeccables sont grecques ou éthiopiennes – tandis qu’elle me scrute de ses yeux bleu pâle, non sans une pointe d’amitié – je serais bien incapable d’y répondre. Mme Angèle Assimakopoulos, qui a servi l’empereur d’Éthiopie, reste la dernière femme debout sur la plateforme du wagon de queue du franco-éthiopien. Le train, c’est elle désormais. »

GUISE

GUISE

La gare désaffectée d’Aouache © H FONTAINE, tous droits réservés.

Vincent Defait a publié dans le numéro 24 de la revue XXI un article qui lui est consacré.

xxi-page1

Serge Magallon m’envoie cette enveloppe. Voir son commentaire.

Collection S MAGALLON

Collection S MAGALLON

hugfon

Paysages du désastre, territoires de la mémoire

Absences, Rwanda 2013

Forêt primaire de Nyungwe, Rwanda 2013. Photographie Alexis Cordesse.

Un billet de Louis Mesplé dans Rue 89 intitulé : Rwanda : le paysage, le génocide et le photographe attire mon attention sur un article de Nathan Réra« Paysages du désastre, territoires de la mémoire »Études photographiques31 | Printemps 2014, mis en ligne le 11 mars 2014.

« Entre le 6 avril et le 4 juillet 1994, le génocide contre les Tutsi fit plus de 800 000 victimes au Rwanda. Le « paradis édénique » décrit par les premiers colons occidentaux était devenu, en l’espace de cent jours, un « nouvel enfer ». Au carrefour de l’événement médiatique et du temps de la mémoire, la photographie s’est chargée d’interroger ces stéréotypes. Durant le génocide, quelques photojournalistes ont forgé les prémices de l’imagerie du désastre rwandais en parcourant les collines où les morts se comptaient par milliers. Leurs photographies, sujettes aux contresens les plus tenaces, furent très inégalement publiées dans la presse. Après l’événement, l’écart s’est creusé entre les sites de l’extermination métamorphosés en mémoriaux, où les traces du génocide sont encore visibles, et les paysages de collines et de forêts majestueuses où les vestiges de l’histoire demeurent en apparence absents. La photographie s’est alors chargée d’explorer cette dichotomie, entre rhétorique de l’irreprésentable, esthétique documentaire et poétique de l’après. »

hugfon

J’ai confiance en mon chemin de fer

Menelik

Coll. H FONTAINE

Je commence ici une nouvelle série consacrée aux représentations des souverains éthiopiens, qui ont abondé en Europe entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle : images et caricatures publiées dans la presse, cartes postales, chromos…

Sur cette carte, une photographie d’un moulage en plasticine de Ménélik II posé devant une toile peinte de studio le montre entouré de trois symboles : une croix (la foi), un lion (la force) et le chemin de fer, élevé donc au rang d’attribut du souverain.

L’image du roi est probablement inspirée d’une photographie parue dans la presse, peut-être Le Pèlerin du 14 février 1909. On y voit Ménélik « en grand costume », entouré du ras Michaël et de « son petit-fils et héritier », Lij Yassou.

Le Pelerin-web

À moins que l’artiste ne se soit inspiré d’une des photographies prises par Alfred Ilg à la fin du XIXsiècle sur lesquelles Ménélik porte la cape royale (kabba lanqa) et une coiffe en crinière de lion (anfarro).

Elisabeth Biasio, dans son excellent ouvrage Prunk und Pracht am Hofe Menilek, Verl. NZZ, Zürich, 2004, précise que, selon Konrad Keller (Alfred Ilg, sein Leben und sein Wirken als schweizerischer Kulturbote in Abessinien, Huber, Frauenfeld, 1918, p. 105), cette série de photographies auraient été prises en 1896 après la bataille d’Adoua1.

Biasio

Couverture du livre d’E Biasio avec la photographie de Ilg. Inv. 805.01.002

Biasio003b

Elisabeth Biasio, « Prunk und Pracht am Hofe Menilek », p. 54. Inv. 805.01.001

Une de ces photographies, diffusée par l’agence Chusseau-Flaviens, dont nous avons déjà parlé, avait probablement paru dans la presse illustrée de l’époque.

151843420

Photo créditée Charles Chusseau-Flaviens/George Eastman House/Getty Images.

C’est donc l’image d’un souverain africain, vainqueur des armées du roi d’Italie, avec lequel les puissances européennes ont appris à compter, qui sert de référence à ce moulage. La croix rappelle que le royaume d’Éthiopie est chrétien de longue date ; le lion2, emblème de la royauté éthiopienne (Ménélik II prétend descendre du roi Salomon et de la Reine de Saba), est ici donné comme symbole de force ; le chemin de fer, au pied du roi, constitue le troisième pilier sur lequel s’appuie l’empereur3.

Au sujet des représentations photographiques de Ménélik II, je rappelle l’ouvrage d’Estelle Sohier : Le roi des rois et la photographie, paru en décembre 2012 aux Publications de la Sorbonne (ISBN : 978-2-85944-717-5). Cet ouvrage que j’avais déjà signalé ici et ici, issu de sa thèse de doctorat, est une référence pour qui s’intéresse aux questions de la représentation pour cette période et dans cette région, et notamment dans le contexte de la confrontation du pouvoir politique éthiopien avec les puissances coloniales de l’époque. Sa thèse a fait également l’objet d’un article de recherche dans L’Histoire (373, mars 2012) et d’une émission de La Fabrique de l’histoire sur France culture (février 2012).

sohier

Autre élément de curiosité : La carte est signée Walery – Paris. Elle porte aussi une marque : ELD. Nous en parlerons bientôt dans un prochain billet.

logo-ELD

Notes :

  1. On pense au tableau de Paul Buffet (salon de 1898) popularisé par Le Petit journal illustré (N° 406 du 28/08/1898). Le Négus Ménélik à la bataille d’Adoua.
  2. Apocalypse 5.5 – Et l’un des anciens me dit : Ne pleure point : voici, il a vaincu, le lion de la tribu de Juda, la racine de David, pour ouvrir le livre et ses sept sceaux.
  3. Sahle Maryam est couronné Negusse Negest d’Éthiopie le 3 novembre 1889 sous le nom de Ménélik II avec les titres de Roi des Rois d’Éthiopie, Lion Conquérant de la Tribu de Juda, Élu de Dieu. 

Adoua-small

À suivre.

hugfon

Curieux point de vue

DD ro DD vo

Voici un exemple de curiosité que recèlent les collections de cartes postales. Sur cette carte, qui n’a pas circulé, sans aucune indication de légende ni d’éditeur, ce point de vue énigmatique. Un connaisseur (ici, le vendeur) y reconnaît l’Éthiopie et Diré-Daoua (vêtements, collines, végétation, allure des bâtiments…) et l’on peut se risquer à dater approximativement cette image des années 1910. Ensuite, les choses se compliquent. Ce serait un jour de fête (les personnages qui tiennent une ombrelle). Mais le point de vue du photographe est étrange : les personnages sont photographiés de dos. Ils portent la shamma ; certains tiennent sur l’épaule un fusil. Ils observent un événement qui se déroule sur une place. On ne sait donc pas vraiment ce à quoi ils sont en train d’assister. Ou bien sont-ils eux-mêmes le sujet de la photographie ? Pourquoi avoir imprimé ce cliché sous forme de carte postale ?

Je pense à une image de la série numérotée des cartes de la collection L Gérard, dont il a déjà été beaucoup question ici.

Gérard 26 recto

Et à celle-ci, qui permettrait de situer la scène plutôt dans le quartier de Magala.

Gérard 18 recto

Reste à imaginer la suite…

hugfon

Auguste François, consul, photographe, explorateur

L'iconoclaste

Parution d’un nouveau livre sur le consul Auguste François dont j’avais parlé du projet, Un œil sur le mondeici :

L’Iconoclaste.
L’histoire véritable d’Auguste François, consul, photographe, explorateur, misanthrope, incorruptible et ennemi des intrigants
Boris Martin 
Avant-propos : Bernard Seydoux · Préface : Richard Boidin

Lorsqu’en février 1886, Auguste François embarque à bord du Melbourne, il ignore encore que son existence va basculer. Durant vingt ans, ce consul promis à une belle carrière va sillonner le monde, menant une vie de diplomate-vagabond, s’improvisant explorateur pour la Société de géographie, armé de ses appareils photo et d’un caractère bien trempé. Misanthrope plus à l’aise en forêt qu’en société, curieux des peuples rencontrés et hostile aux intrigants de tous bords, il ne tardera pas à payer le prix d’une intransigeance inflexible et parfois coupable.
Dépêché en Indochine puis au Paraguay — après un intermède dans le Paris de la Belle Époque —, c’est en Chine, entre 1896 et 1904, qu’il donne la pleine mesure de son tempé­rament. Là, il s’oppose à Paul Doumer, tout puissant gouverneur de l’Indochine et futur président de la République, bien décidé à construire le chemin de fer du Yunnan au risque d’une guerre avec l’empire du Milieu. Là, il soutient un siège de quatorze jours dans son consulat pour sauver la vie de ses compatriotes. Et là encore, il réalise des expéditions inédites et cartographie des zones jusqu’alors inexplorées.
« Pour moi, l’idéal consiste à vivre à ma guise, et à ne pas m’enliser dans la banalité. Vivre d’action, et puis, le moment venu, souffler ma chandelle en souhaitant le bonsoir à la compagnie. » De ce serment, Auguste François aura fait sa vie, racontée ici par Boris Martin et illus­trée par les photographies du consul — parmi les premières rapportées de ces confins du monde.

hugfon

L’album historique – 2

Un an plus tard, je retrouve M. Paul Bert à son poste. Entre-temps, Rindra a quitté la compagnie : l’exploitation de la Micheline et du Trans-Lémurie Express ont cessé, pour des raisons de sécurité liées à l’usure des rails. Quant à Marina, elle est partie voir ailleurs si le ciel était plus bleu. Rindra m’avait fait savoir par Geneviève qu’elle avait récupéré les tirages sortis pour numérisation. Une exposition avait bien eu lieu à l’occasion du centenaire du Lalamby (chemin de fer), inaugurée par Patrick Claes, président du conseil d’administration de Madarail, lors d’une célébration à Tananarive et à Tamatave, occasion également de décorer 577 cheminots et de faire peau neuve au stade des cheminots. J’arrive donc confiant.

décorations

La décoration de 577 salariés de Madarail. Vendredi 27 septembre 2013. © Newsphoto

Mes espoirs font long feu. Je retrouve l’album tel que je l’ai feuilleté il y a un an. Des photos ont bien été rapportées, en noir et blanc. Mais ce ne sont pas celles de l’album historique. Nous parcourons, Paul Bert et moi, les cartons une nouvelle fois. Mais en vain. J’appelle Marina, qui me confirme que les photos ont bien été restituées. Si celles de l’album manquent toujours, elle ne voit vraiment pas comment on les retrouvera.

Je suis déçu. Une page retient mon attention. J’espérais bien en voir les images. Sur les bandeaux où ont été tapées les légendes, on lit : « Le tunnel fut inauguré le 21 octobre 1903. Le 10 février 1904, il fut livré au service de la pose ; le 22, les trains le franchissaient. » Et puis, pour les deux photos manquantes : « Le Général Gallieni et sa suite à l’inauguration du tunnel. » et « Distribution de gratification au personnel. »

disparition

Une page de l’album. © H FONTAINE 2014, tous droits réservés.

À suivre.

hugfon

L’album historique – 1

_MAD3215-web

Tout commence il y a un an, lors de mon précédent séjour à Tananarive. Dans les tout derniers moments. Monsieur Paul Bert Randriamasimanana, nouvellement placé au poste d’archiviste chez Madarail (il est à quelques années de sa retraite) et que j’ai rencontré depuis peu, m’interpelle tandis que je reviens pour la seconde fois dans le local des archives, accompagné de Rindra et de Marina (alors responsables du tourisme et de la communication). Monsieur Paul Bert veut me parler d’un problème qu’il vient tout juste de constater. Pour ce faire, il sort des rayonnages trois grands albums à l’italienne : couverture cartonnée verte, titre en gris argenté imprimé à chaud. Deux albums contiennent des photographies qui retracent l’histoire de la compagnie, ils sont numérotés 1 et 2. Un autre, sans rien sur la couverture, mais intitulé en page de titre : « Album historique », donne à voir des vues de la construction du chemin de fer entre 1901 et 1905.

_MAD3326-web

Seulement, ce qui préoccupe M. Paul Bert, c’est qu’un nombre considérable de photographies manquent ! Il a d’ailleurs entrepris, pour empêcher que cela se reproduise, de coller les tirages avec de la glue.

_MAD3239-web

Il exhume aussitôt plusieurs cartons emplis de photographies dans lesquels nous fouillons. Mais en vain. Aucune ne correspond aux espaces laissées vides.

_MAD3350-web

Rindra pense que ces photos ont pu être sorties pour être numérisées en prévision du centenaire qu’on célébrera bientôt, avant la fin de l’année. Marina téléphone à l’entreprise qui a été chargée de ces travaux. Toutes deux m’assurent qu’elles feront tout pour récupérer les tirages manquants.

_MAD3368-web

Toutes les photographies © H FONTAINE 2013, tous droits réservés.

À suivre.

hugfon

Les géographes prennent le train (chemin de fer et diplomatie)

logoDébat : « Les géographes prennent le train (chemin de fer et diplomatie) », avec Henry Jacolin (Association internationale de l’histoire des chemins de fer), Alain Gascon (Paris 8) et Paul Véron (Association internationale de l’histoire des chemins de fer). Au premier étage du Café de Flore, 172 boulevard Saint-Germain, 75006 Paris (M° Saint-Germain), le mardi 29 avril 2014 de 19 h 30 à 21 h 30.

Présentation

Qu’en est-il des usages du chemin de fer : transporter des hommes et des marchandises, d’un lieu à l’autre ? Pas seulement.

Le tracé des voies peut répondre à des objectifs plus complexes, d’ordre stratégique notamment. Un réseau doit-il être tracé en étoile vers une capitale ? Ou avec des axes parallèles à une frontière pour la protéger ? Quels acteurs décident de sa construction ?

Le mardi 29 avril, au Flore, deux intervenants répondront à ces questions avec deux exemples particuliers.

Henry Jacolin, ancien ambassadeur, Président de l’Association internationale d’histoire des chemins de fer, nous parlera de la voie ferrée Vienne-Constantinople, voulue par les puissances occidentales contre le vœu de l’Empire ottoman.

Alain Gascon, professeur émérite à l’Institut français de géopolitique de l’Université Paris 8, et ancien chargé de cours à l’INALCO nous éclairera sur la ligne Djibouti Addis-Abeba (1897-1917) qui a contribué à la construction de l’Éthiopie du Négus Ménélik. Surprise, cette ligne va revivre à partir d’un chantier lancé en 2013 dans le but de créer un Trans-Africain jusqu’à Dakar !

Le modérateur sera Paul Véron, directeur de la communication et directeur pour le Moyen-Orient de l’Union internationale des chemins de fer (ONU du rail dont le siège est à Paris).

Voir ce compte-rendu d’Olivier Milhaud et Maryse Verfaillie.

hugfon
Translate »